Vieillissement actif : quête d’emploi ou de respect ?

Thibauld Moulaert

Le débat sur la fin de carrière qui a eu lieu en 2005 engage timidement la Belgique dans la voie d’une prolongation des carrières. La notion de « vieillissement actif » n’a pas servi uniquement comme titre d’un volet du Contrat de solidarité entre les générations, base de la loi éponyme. Au contraire, elle traduirait une évolution de l’action publique de la prépension vers l’accompagnement des trajectoires. L’analyse des pratiques d’outplacement des plus de quarante-cinq ans comme figure idéaltypique de cet accompagnement montre en quoi l’injonction au travail sur soi qui s’y développe participe à une responsabilisation des candidats qui fait l’économie des raisons sociales de leur situation. Entre implication et absence de volonté de retravailler, ces individus chercheraient surtout à négocier des formes de respect.