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Une société sans croissance

ABO Numéro 6 - 2016 - par Emeline De Bouver - Charlotte Luyckx -

Si le dogme de la croissance a à ce point envahi toutes les sphères de la société, c’est en raison de son ancrage anthropologique profond. La modernité s’enracine dans une gestion particulière de la finitude en la niant totalement ; le toujours plus de croissance répond à l’aspiration des individus à l’immortalité. Tout projet de transition vers un modèle de post-croissance doit encourager un travail sur l’imaginaire afin de trouver de nouvelles ressources de sens.

Ce matin, quand Sophie se lève et allume la radio, elle tombe directement sur les nouvelles. Un sentiment proche de l’incrédulité l’envahit — le même qui la saisit tous les matins depuis un an. Sophie n’arrive toujours pas à s’habituer à l’absence de référence à la croissance économique. Désormais, plus aucun journaliste — en ce compris les journalistes économiques — ne vous réveille de sa voix réjouie pour vous parler du gain de quelques pourcents du PIB ou, nouvelle plus maussade, pour en déplorer une baisse. Le bien-être du pays est en passe de se mesurer à...
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Emeline De Bouver


Auteur

docteure en science politique, professeure invitée à l’UCL, chargée de projet au centre Avec,

Charlotte Luyckx


Auteur

est docteure de philosophie, initiatrice du GRICE (http://grice.quelfutur.org), postdoctorante du centre de philosophie des sciences (CEFISES/ISP/UCL),