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Un pays d’orphelins

ABO Numéro 7 - 2016

Que restait-il aujourd’hui de la belgitude ? Si celle-ci tentait de dépasser la tension originelle entre une identité belge francophone défaillante et l’écrasant modèle patriotique français, certains de nos auteurs sont parvenus à dépasser ce moment dialectique en développant des formes d’identités alternatives qu’il est intéressant d’interroger. En particulier, ce sont souvent dans les rapports aux langues, paternelle et maternelle, que se noue et se dénoue la question de l’identité. On pourrait également pointer la mémoire familiale comme seul niveau d’appropriation d’un passé en l’absence de conscience historique collective. Autant d’éléments qui peuvent composer le fil d’un récit qui fait de l’écrivain belge un orphelin volontaire, réinventant sans cesse sa filiation pour mieux s’en détacher.

La belgitude est une invention relativement récente, d’origine universitaire et francophone. Elle est donc d’abord très facile à situer socialement et culturellement. Si la négritude cherchait à s’émanciper du modèle français pour affirmer son africanité, la belgitude est bien plus ambigüe, car elle semble toujours hésiter, dans un agaçant va-et-vient, entre une affirmation un peu forcée qui n’a parfois rien à envier aux premières tentatives maladroites d’expression d’un possible génie national et le mimétisme avec le glorieux voisin tricolore et ses...
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