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Un Tea Party au Brésil ? L’inquiétant réveil de l’ultra-droite

ABO Numéro 6 - 2015 - par Laurent Delcourt -

Ils éructent contre les homosexuels, les indigènes et les défenseurs de l’avortement. Ils se déchainent contre les mouvements progressistes, dénoncent la mainmise des « Cubains » sur les institutions fédérales et fulminent contre les impôts, la corruption et les programmes sociaux du gouvernement. Ils exigent le rabaissement de la majorité pénale, la restauration de la peine de mort, la libre circulation des armes à feu, le retrait des garanties juridiques pour les prisonniers de droit commun et prônent un État minimal. Ils militent pour l’indépendance de la région de São Paulo au prétexte de la soustraire au vote « clientéliste » des couches populaires et se mobilisent dans la rue ou sur les réseaux sociaux pour réclamer le départ de Dilma Rousseff, quitte à faire appel à l’armée. Formant une nébuleuse à géométrie variable d’organisations et de groupuscules aux frontières poreuses, ces activistes, souvent jeunes, souvent bien nés, ont aujourd’hui le vent en poupe au Brésil.

Dopés par les spectaculaires mobilisations de juin 2013 et trouvant un réel écho au sein des couches moyennes urbaines, ces jeunes activistes sont les fers de lance d’une « nouvelle droite », ultraradicale et militante, dont le surgissement récent dans l’espace public, politique et médiatique constitue, selon le philosophe Paulo Eduardo Arantes, l’un des phénomènes politiques les plus importants de l’histoire contemporaine du Brésil. Un réveil bruyant dans le chaudron des « journées de juin 2013 » « L’élan d’impatience qui s’est manifesté dans les...
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Laurent Delcourt


Auteur

sociologue et historien, chargé d’étude au Cetri