Travailleurs sociaux, entre hétéronomie et autonomie

Véronique Degraef

En Belgique, comme ailleurs en Europe et particulièrement en France, l’augmentation de la souffrance psychique et des troubles de santé mentale constitue aux yeux de nombreux acteurs sociaux le symptôme d’une pathologie sociale caractéristique de la société capitaliste néolibérale. Exigeant de tous les individus, y compris des plus « vulnérables », qu’ils deviennent des individus responsables et autonomes, elle leur impose un horizon d’attentes capacitaires qui sous-estime leur épuisement face à la charge des épreuves que leur réserve la société. De quelles compétences et capacités les travailleurs sociaux doivent-ils faire preuve pour construire une relation d’aide basée sur la confiance et pouvant accompagner l’usager vers l’autonomie ? Et qu’en est-il de leur autonomie professionnelle ?