logo
Lancer la vidéo

Témoigner pour la défense

ABO Numéro 1 - 2015 droitgénocidejusticeTPIR - par Vincent Courcelle-Labrousse -

En vingt ans d’activité, le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) est devenu le laboratoire de tous les renoncements : en excluant des poursuites une partie des protagonistes des évènements de 1994, il a accepté de servir les intérêts du régime de Kigali, en particulier dans sa lecture univoque de l’histoire du génocide qui a frappé le Rwanda. Pour autant, le processus judiciaire a permis à des centaines de Rwandais, témoignant pour la défense, de présenter à la barre une contre-narration des faits, venant troubler la linéarité du récit que veut encore aujourd’hui imposer le pouvoir rwandais. À cet égard, et à son corps défendant, le TPIR a été une expérience formidable. Les rodomontades de certains dirigeants du continent africain contre la CPI et une justice internationale néocolonialiste montrent d’ailleurs qu’ils ont bien compris le danger de cette parole libérée. Il est urgent que la CPI en tire les conséquences et qu’elle devienne ce pour quoi elle a été créée : un tribunal et non une organisation internationale de plus.

Quelques années passées à défendre des accusés devant le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ne rendent pas nécessairement légitime pour envi­sager l’avenir des juridictions pénales internationales. La justice pénale internationale demain ? On serait d’abord tenté de passer son tour ou de faire la réponse du prince de Ligne, qui, quand on lui demandait pourquoi il ne rentrait pas en France, sous l’Empire après la Révolution, répondait : « l’humeur, l’honneur, l’horreur [1]. » La justice pénale, lorsqu’elle s’exprime au travers de juridictions...
La suite de cet article est réservée aux membres Premium

Vincent Courcelle-Labrousse


Auteur