Rouge et bleu : la stéréophonie

Théo Hachez

Outre qu’elles auront permis de doubler la représentation parlementaire féminine, les élections fédérales du cru 2003 se signalent par la limpidité apparente de leur tendance générale : dans les deux grandes communautés du pays, on assiste à un retour en force des familles politiques traditionnelles. Alors que le total des votes enregistrés par les chrétiens, libéraux et socialistes ne cessait de s’éroder depuis plusieurs scrutins, le voilà revenu à un étiage historiquement élevé. Ainsi le collège électoral flamand a élu 80 % de sénateurs traditionnels (vingt sur vingt-cinq), le collège francophone près de 90 % (treize sur quinze). À l’intérieur de ces grands blocs, la répartition des forces subit la même évolution dans les deux « grandes » communautés du pays : progrès modéré des libéraux, avancée spectaculaire des socialistes (plus prononcée encore en Flandre) et effritement des démocrates-chrétiens qui prolongent leur courbe descendante et deviennent, en Flandre comme en Wallonie, troisième force.