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Réinventer la neutralité culturelle de l’État belge

ABO Numéro 1 - 2016 - par Albert Bastenier -

Comment comprendre les exigences de la neutralité de l’État belge dans la gestion des faits culturels contemporains ? À cet égard, un détour par les compromis qui furent ceux de « l’unionisme belge » en 1830 demeure instructif. Cela dans la mesure où l’exigence de la laïcité n’y fut pas totalement rencontrée et que la question linguistique y fut traitée sans esprit de compromis. On comprend mieux à partir de là en quoi le compromis est une structure constitutive de l’action politique. Et que tant le nouveau pluralisme de la société belge que l’esprit de la démocratie exigent une négociation pacificatrice loin d’être aboutie.

La Belgique est un ensemble étatique qui, depuis ses origines en 1830, agrège au moins deux communautés ethno-identitaires distinctes, latine et germanique. À cet égard, la question de la neutralité culturelle de l’État n’y est assurément pas une nouveauté. Si l’on tient compte de l’observation de Tocqueville, pour lequel la vie entière d’une société est à bien des égards marquée par les conditions de sa formation initiale, la chose demande d’être soulignée. Car les fragilités identitaires actuelles de ce pays dont l’État reste faible trouvent bel et bien...
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Albert Bastenier


Auteur

Sociologue. Professeur émérite de l’université catholique de Louvain. Membre du comité de rédaction de La Revue nouvelle depuis 1967. S’y est exprimé régulièrement sur les questions religieuses, les migrations et l’enseignement.