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Refuser d’être une fourmi numérique

ABO Numéro 8 - 2016 - par Jean-Luc Manise -

Connaissez-vous la métaphore de la fourmi numérique ? Le philosophe Bernard Stiegler compare nos SMS sur Twitter, nos publications sur Facebook et nos recherches sur Google à autant de marqueurs chimiques. À l’instar des fourmis utilisant des phéromones pour communiquer et s’organiser, nous laissons sur la toile des traces qui permettent d’observer nos faits et gestes en ligne. Il existe pourtant des alternatives qui, comme le suggère Milad Doueihi dans sa figure de l’humaniste « geek éclairé », nous permettent de produire, partager et transmettre le savoir dans le respect des libertés (numériques) et de la vie privée. C’est le propos du libre, les logiciels et la culture libres.

Au sein du réseau Facebook, 1,71 milliard de personnes se muent en fourmis numériques. Abandonnant tous leurs droits intellectuels en échange d’un accès à vie au réseau social de Zuckerberg, elles produisent par leurs informations et leurs consommations une richesse impressionnante : l’été dernier, le groupe a annoncé avoir dépassé le 1,8 milliard d’euros de profits net au second trimestre 2016, contre 719 millions en 2015. L’essentiel de ces revenus, 84 %, vient de la publicité consommée par les internautes sur leur smartphone. Des traces en or Le modèle...
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Jean-Luc Manise


Auteur

directeur des services Culture et Éducation permanente au Cesep et journaliste indépendant