Réconciliation en Afrique du Sud vingt-cinq ans après l’avènement de la démocratie

Philippe Denis

Le 10 mai 1994, Nelson Mandela, le premier président sud-africain élu au suffrage universel, prêtait serment. Une nouvelle ère commençait pour un peuple jusqu’alors soumis à une des formes de ségrégation raciale les plus radicales, les plus humiliantes et les plus brutales de l’histoire. Le programme de développement séparé, euphémisme destiné à dissimuler le caractère profondément inégalitaire du régime d’apartheid, était officiellement abandonné. Mais pouvait-on pour autant parler de réconciliation ? Et que dire aujourd’hui, vingt-cinq ans après l’avènement de la démocratie ? Dans un sens, nous allons le voir, la réconciliation a progressé, mais dans un sens seulement. D’autres fractures sont apparues et la société sud-africaine demeure divisée.