logo
Lancer la vidéo

Quel crédit donner aux monnaies alternatives ?

ABO Numéro 6 - 2017 - par Louis Larue -

Le champ monétaire alternatif est en ébullition depuis quelques années. De nouvelles idées surgissent pour réformer un système décrit comme « instable », prompt aux crises incessantes ou encore incapable de répondre aux défis sociaux et environnementaux de notre temps. Les monnaies complémentaires ou alternatives constituent l’une des propositions les plus populaires et soulèvent de nombreux espoirs. Elles permettraient de resserrer un lien social perdu ou atténué par le « marché », tout en promouvant une économie locale plus respectueuse de l’environnement (voir par exemple Lietaer, Arnsperger, Goerner et Brunnhuber, 2012). Le présent article confronte cet enthousiasme à des considérations empiriques et éthiques. Son but n’est pas de noyer toute espérance, mais de susciter un débat utile sur le caractère désirable (ou non) de telles propositions, au-delà des premières espérances.

Les monnaies alternatives ne forment qu’une partie des nombreuses propositions de réforme du système monétaire. Il peut donc être utile de rappeler l’existence d’autres projets similaires ou apparentés. L’une des propositions les plus audacieuses est le Chicago Plan, inspiré notamment d’un article de l’économiste Irving Fisher datant de 1936 (Fisher, 2009). Remise récemment au gout du jour, elle ne vise rien de moins que de retirer aux banques commerciales la faculté de prêter plus qu’elles ne possèdent en réserve, ce qui revient à leur interdire toute...
La suite de cet article est réservée aux membres Premium

Louis Larue


Auteur

doctorant en Sciences économiques, université catholique de Louvain, assistant à la faculté des Sciences économiques, sociales, politiques et de communication, Chaire Hoover et Economic School of Louvain