logo
Lancer la vidéo

Pourquoi le Vert n’est-il pas encore dans le fruit ?

ABO Numéro 5 - 2015 - par Luc Van Campenhoudt -

Les Verts suscitent des questions qui ne se posent pas, ou si peu, à propos des autres partis. Ces questions peuvent sembler futiles. Par exemple, comment expliquer l’irritation, l’agressivité voire le mépris qu’ils attirent dans certains milieux (notamment de classe moyenne supérieure) alors qu’à priori, ils ne feraient pas de mal à une mouche ? Ou encore, comment parviennent-ils à faire de la politique alors que tout, dans leurs valeurs et leurs comportements, semble indiquer qu’ils détestent la politique, avec ce qu’elle implique comme violence à l’égard de ces valeurs ? Ces questions candides constituent une entrée latérale pour éclairer le rapport complexe des Verts à la société et au pouvoir.

Parce qu’il est d’une irréprochable honnêteté intellectuelle et ne cache rien d’essentiel, le livre consacré par Benoît Lechat [1] à l’histoire d’Écolo invite à se poser ces questions et contient quasi tous les éléments pour y répondre. Plus encore, il incite à tenter d’y répondre sans tourner autour du pot, ni prendre des gants, avec un triple risque assumé : d’abord celui d’être réducteur, puisque tout est toujours plus compliqué bien sûr, ensuite celui d’être partial, puisqu’il s’agit en quelque sorte ici d’adopter le point de vue de l’adversaire, enfin celui...
La suite de cet article est réservée aux membres Premium

Luc Van Campenhoudt


Auteur

Docteur en sociologie. Professeur émérite de l’Université Saint-Louis – Bruxelles et de l’Université catholique de Louvain. Principaux enseignements : sociologie générale, sociologie politique et méthodologie.
Directeur du Centre d’études sociologiques de l’Université Saint-Louis durant une quinzaine d’années, jusqu’en 2006, il a dirigé ou codirigé une quarantaine de recherches, notamment sur l’enseignement, les effets des politiques sécuritaires, les comportements face au risque de contamination par le VIH et les transformations des frontières de la Justice pénale. Ces travaux ont fait l’objet de plusieurs dizaines d’articles publiés dans des revues scientifiques, de nombreux ouvrages, et de plusieurs invitations et chaires dans des universités belges et étrangères.
À travers ces travaux, il s’est intéressé plus particulièrement ces dernières années aux problématiques des relations entre champs (par exemple la justice et la médecine), du pouvoir dans un système d’action dit « en réseau » et du malentendu. Dans le cadre de ces recherches il a notamment développé la « méthode d’analyse en groupe » (MAG) exposée dans son ouvrage La méthode d’analyse en groupe. Applications aux phénomènes sociaux, coécrit avec J.-M. Chaumont J. et A. Franssen (Paris, Dunod, 2005).
Le plus connu de ses ouvrages, traduit en plusieurs langues, est le Manuel de recherche en sciences sociales, avec Jacques Marquet et Raymond Quivy (Paris, Dunod, 2017, 5e édition).
De 2007 à 2013, il a été directeur de La Revue Nouvelle.