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Pauvres et fraudeurs

ABO Septembre 2013 - par Rocco Vitali -

La lutte contre la fraude sociale est inscrite à l’agenda politique et détermine de manière de plus en plus prépondérante le contenu des politiques d’intégration sociale. Ce type de discours politique, fondé sur des arguments répressifs, parvient à séduire un certain électorat. Le discours politique sur la fraude engendre des effets en termes de politiques publiques. On peut opposer le discours populiste portant sur la fraude sociale à une réflexion plus large sur la problématique de la conditionnalité des prestations sociales et donc sur la question des ouvertures, non-ouvertures et fermetures des droits sociaux. Si les fraudeurs sont peu nombreux, ce n’est pas le cas d’un nombre non négligeable de personnes qui ne bénéficient pas des aides sociales auxquelles elles pourraient prétendre, entrainant ainsi une «  sous-protection sociale  ».

À l’occasion de son entrée en fonction, la secrétaire d’État à la Lutte contre la pauvreté, Maggie De Block, fixait trois priorités en matière d’intégration sociale : la lutte contre la pauvreté infantile, la rationalisation du travail des centres publics d’action sociale et la lutte contre la fraude sociale. Laissons les deux premières priorités et analysons la signification politique de la troisième. Si, dans un premier temps, la chasse aux « fraudeurs » ainsi annoncée semblait se limiter à un exercice rhétorique et populiste ayant comme fonction la...
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Rocco Vitali


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