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Notre Congo/Onze Kongo. Colour bar à la belge

ABO Numéro 1 - 2015 - par Paul Géradin -

À la fin de 2014 s’est clôturée une très intéressante exposition consacrée à la propagande qui a orchestré la politique coloniale belge. Peu avant avait été publié un ouvrage tout aussi remarquable sur un aspect peu exploré de la colonisation : la condition faite aux métis. Cette question particulière, mais génératrice de grandes souffrances, est un puissant révélateur de ce qu’on considère trop souvent comme allant de soi : la spécificité des relations humaines que la Belgique a nouées avec les peuples qu’elle soumettait. En aval, cette configuration, à la fois omniprésente et implicite, fut une des hypothèques qui pesèrent sur la décolonisation tardive. Et en amont, on peut se demander si elle n’était pas un décalque de l’unité fragile de la nation colonisatrice.

En 2012, un ouvrage collectif sur la Belgique fédérale décryptait les paradoxes issus de l’unité par défaut du pays en terminant par un inventaire de l’iconographie « belge », y compris les mémoires coloniales [1]. Plus récemment, l’exposition Notre Congo/Onze Kongo. La propagande coloniale belge dévoilée vient de présenter [2] une série de documents de l’époque coloniale pour comprendre comment différents canaux de propagande ont autrefois façonné les esprits et véhiculé une iconographie pour des générations entières en Belgique et au Congo. Qui a la chance...
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Paul Géradin


Auteur

Professeur émérite en sciences sociales de l’ICHEC