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Médias sociaux et fragmentation du discours islamique

ABO Numéro 01 - 2020 DaechIslamréseaux sociaux - par Michaël Privot -

Les attentats revendiqués par Daech sur le sol européen et ailleurs ont généré une onde de choc au sein de nos sociétés, mais également au sein des communautés musulmanes. Si le discours public et médiatique a tendance à se focaliser sur de grandes figures (dont la légitimité est parfois fragile) proposant des interprétations réformistes des textes religieux, l’ambition de cet article est de s’intéresser à des voix discordantes émergeant sur les réseaux sociaux. Force est, en effet, de constater que ceux-ci fournissent des opportunités pour donner à voir des acteurs qui critiquent la norme orthodoxe et ses parangons comme étant incapables de produire un contre-discours à la radicalisation violente voire comme étant parfois complaisante envers elle.

Conséquemment aux attentats qui ont endeuillé, entre autres, de nombreuses villes d’Europe depuis 2015, la « tragédie Daesh » a généré une onde de choc au sein des communautés musulmanes européennes dont les effets n’ont pas fini de se déployer. Parmi ceux-ci, dans l’espace francophone, les plus notables ont été, progressivement, l’émergence et/ou l’affirmation de voix dites « réformistes » ou « progressistes » [1], le passage, plus récemment, à des types d’organisations communautaires concrètes au-delà des réseaux sociaux (Baylocq, 2019), ainsi qu’une libéralisation...
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Michaël Privot


Auteur

docteur en islamologie, collaborateur scientifique au Cedem (ULiège)