Les renouveaux de l’action collective

Michel Molitor

Face aux mutations et aux ruptures économiques, sociales, culturelles, un sentiment de perte domine : le compromis issu du Pacte social de 1944 est mis à mal. Flexibilité, compétitivité, dérégulations sont devenues les maitres mots et, dans ce contexte, le syndicalisme qui avait directement participé à la modernisation de la société peine à trouver de nouvelles capacités d’interprétation et d’action. Comment relancer l’action collective ? En faisant son deuil de la « vieille société » industrielle, en repensant l’action syndicale à partir des situations de précarité et d’exclusion, en passant d’un syndicalisme centré sur le travail à un syndicalisme de citoyens qui prenne en compte l’ensemble de la vie sociale et fasse fond sur une société en réseau. Il convient de se désengager des repères traditionnels, d’articuler les exigences de l’action collective et la dynamique de l’individu, de rendre du crédit aux institutions de la vie collective par des projets.