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Les prisons craquent de toutes leurs jointures

ABO Numéro 6 - 2015 - par Eric Maes -

Barstende muren. Overbevolkte gevangenissen : omvang, oorzaken en mogelijke oplossingen [Fissuration des murs. Surpeuplement des prisons : ampleur, causes et solutions possibles]. Ainsi s’intitulait un livre sorti au début des années 1990 (Beyens, Snacken & Eliaerts, 1993). Déjà bien avant, Tony Peters (1980) écrivait un éditorial pour la revue criminologique flamande Panopticon au titre idoine : « De gevangenissen zitten overvol want de alternatieve sancties doen het niet » [Les prisons sont excessivement pleines parce que les sanctions alternatives ne fonctionnent pas]. Plus récemment : « Nooit eerder zoveel volk in Belgische gevangenissen » [Dans le passé, jamais autant de gens dans les prisons belges] (De Morgen, 28 avril 2011), « Gevangenisbevolking in België op recordhoogte » [Chiffre record de la population carcérale en Belgique] (De Standaard, 15 avril 2014), « Overbevolking gevangenissen bijna nergens groter dan in België » [La surpopulation dans les prisons n’est presque nulle part plus grande qu’en Belgique] (Het Belang van Limburg, 11 février 2015). Voilà des années que la problématique de la surpopulation dans nos prisons, ou mieux encore, l’« inflation pénitentiaire », tient les académiques, les décideurs politiques, et peu à peu aussi les médias et l’opinion publique, sur la brèche.

En 2003, il y a un peu plus de dix ans, le cap de 9.000 détenus [1] sur une base journalière était franchi, alors qu’on le considérait comme inaccessible. En même temps, on spéculait déjà publiquement sur le moment où serait dépassée la barrière symbolique des 10.000 (Bas, 2003). Bien vite advint ce qui était tant redouté. Par après, les « records de hauteur » pénitentiaires furent battus maintes fois : de plus de 10.000 détenus, on évolua vers plus de 11000 en 2011, et en 2013, le point culminant des 12000 fut même frôlé. Cette année-là, 11465 personnes étaient...
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Eric Maes


Auteur

docteur en criminologie, chercheur et chef de travaux à l’Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC)