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Le cas tunisien

ABO Numéro 1 - 2016 - par Mohamed Nachi -

La période de transition démocratique en Tunisie fournit une illustration exemplaire de la manière dont les compromis se nouent et se dénouent au gré des circonstances et de l’évolution des rapports de force et de la légitimité des intérêts en conflit. Au terme du dialogue national, les acteurs politiques et les membres de la société civile ont réussi à mettre en place des consentements consensuels qui posent les conditions d’un pluralisme effectif, d’une alternance politique, permettant la coexistence de forces sociopolitiques ayant des intérêts et des objectifs contradictoires. Il y a eu formation de compromis dans la mesure où, d’une part, les forces de l’opposition (« séculariste ») ont accepté la participation du parti islamiste Ennahdha au jeu politique et, d’autre part, le parti « islamo-conservateur » et ses alliés ont accepté l’idée de négociation et de dialogue national pour sortir des crises politiques à répétition qu’a connues le pays au cours des quatre dernières années. Malgré les divergences de leurs projets respectifs, les deux partenaires se sont acceptés mutuellement et ont fait des concessions réciproques pour parvenir à des accords de compromis, en dépit des oppositions qui les séparent — ce qui n’est pas le cas par exemple en Égypte.

Le problème pourrait être résumé en deux mots : pluralisme et ikhtilâf (différence-divergence). Comment créer les conditions qui rendent possible le respect du pluralisme et de la différence ? Par la voie du compromis, cette forme d’accord politique et de régulation sociale dont la vocation est de résoudre des désaccords, de régler pacifiquement des conflits en respectant les principes de pluralisme et de différence. Il est le fruit de négociations entre plusieurs parties qui, pour trouver une solution à un conflit, une dispute ou une crise quelconque,...
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Mohamed Nachi


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