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Langue de bois, citoyens et postdémocratie

ABO Numéro 8 - 2017 - par Émilie Jacquy - Nathalie Schiffino -

« Pour comprendre une activité humaine complexe, il faut connaitre la langue et l’approche des individus qui poursuivent cette activité [2]. » Quoi de plus complexe que le fonctionnement actuel de notre postdémocratie où citoyens et mandataires politiques semblent parler des langues différentes ? Comment peuvent-ils s’entendre lorsque les premiers dénoncent la langue de bois des seconds ? Cette langue de bois ne serait-elle qu’une expression de sens courant ? À travers un groupe de discussion de citoyens et l’analyse des discours d’un Premier ministre, nous montrons que la langue de bois, que la science politique n’a pas conceptualisée, nous en apprend beaucoup sur ce que les citoyens savent des hommes et femmes politiques.

Comment se parle-t-on en démocratie aujourd’hui ? La littérature en science politique, riche de débats sur la représentation et la participation, démontre qu’il existe un écart entre, d’un côté, le discours et le fonctionnement politiques et, de l’autre, des initiatives et des critiques citoyennes. La langue de bois creuse-t-elle cet écart ? L’actualité le laisserait intuitivement penser. Les affaires Publifin ou Samu social, par exemple, accroissent le désabusement des citoyens à l’encontre des mandataires publics. Et le discours politique semble jouer...
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Émilie Jacquy


Auteur

animatrice socioculturelle et responsable de communication à Taboo asbl

Nathalie Schiffino


Auteur

docteure en sciences politiques, professeure ordinaire (UCL)