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La nuée indignée, ambitions et limites

ABO Numéro 7 - 2015 - par Antón Fernández de Rota -

Les élections générales espagnoles prévues en décembre prochain marqueront une étape importante dans un processus d’évolution du paysage politique. Il ne s’agira pas seulement de renouveler les Chambres et de remettre en question le poids respectif des deux grands partis. Les enjeux sont bien plus considérables, car, depuis le 15 mai 2011 et l’émergence du mouvement des Indignés, la société civile espagnole a repris la chose publique en main. C’est en interrogeant le concept d’intelligence distribuée que l’on peut prendre la mesure des bouleversements en cours : mise en place d’alternatives électorales, questionnement des formes syndicales et contestation du rôle des partis, peu de secteurs de la vie politique échappent au bouillonnement qui agite l’Espagne.

L’histoire de la pensée politique est traversée de métaphores animalières. Son bestiaire comprend le gouvernement de bipèdes sans plumes d’un Platon ironisant sur la politique, le fameux Léviathan de Hobbes, ou encore les cyborgs combinant technique et biologie de l’actuel imaginaire cybernétique. L’abeille et sa colonie trouvent naturellement leur place dans cette représentation cybernétique de la politique. L’agencement géométriquement homogène du groupe et l’automatisme mécanique de l’insecte, pensés au cours du XXe siècle de manière dystopique, sont...
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Antón Fernández de Rota


Auteur

sociologue et docteur en anthropologie sociale et culturelle