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« La colonisation n’aura été qu’une (énorme) parenthèse ».Colonialité et rapports postcoloniaux

ABO Numéro 1 - 2018 - par Achille Mbembe -

Dans le cadre de la remise du doctorat honoris causa qui lui a été attribué par l’université catholique de Louvain en octobre 2017, Achille Mbembe a accordé un entretien à La Revue nouvelle. Ce fut l’occasion de revenir sur une série de thématiques abordées dans son œuvre. Comment se structurent les rapports entre les anciennes puissances colonisatrices et leurs anciennes possessions, notamment en Afrique ? Quel est le poids de la période coloniale sur la situation actuelle des unes et des autres ? Quels sont les enjeux, notamment épistémiques, dans les luttes postcoloniales et contre le racisme ? L’horizon politique qu’il dresse ne vise pas seulement à une égalité entre les êtres humains, mais s’étend à l’ensemble du monde vivant.

La Revue nouvelle : Certaines critiques postcoloniales estiment que les processus de décolonisation n’ont pas constitué une totale remise à plat des relations entre anciennes nations colonisées et colonisatrices. À contrario, il est difficile d’affirmer que ces processus s’inscrivent dans une continuité parfaite tant les violences qui les ont marqués sont le signe malgré tout d’une certaine rupture. Quelle est votre analyse sur les points de rupture et de continuité entre les périodes coloniales et postcoloniales dans les relations qu’entretiennent les...
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Achille Mbembe


Auteur

historien et enseignant à l’université du Witwatersrand de Johannesburg en Afrique du Sud. Ses travaux portent notamment sur l’histoire et la politique de l’Afrique. Il est aussi l’auteur d’ouvrages majeurs sur le thème du postcolonialisme