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La CPI face à ses victimes

ABO Janvier 2015 droit - par Julien Pieret - Marie-Laurence Hébert-Dolbec -

L’un des apports les plus remarqués et commentés du Statut de la Cour pénale internationale est la place inédite qu’il ménage aux victimes. Au regard d’une sociologie politique du droit, cette insertion de la victime parmi les règles fondatrices de la Cour illustre la fonction particulière que jouent les règles juridiques et leurs objets dans la justification de pratiques menées par les différents acteurs d’un projet politique particulier, comme l’est celui porté par la justice pénale internationale. Les controverses animant la mise en œuvre de ce régime permettent, en outre, de réaliser que les victimes constituent un enjeu de la plus haute importance.

Du silence à la saturation À n’en pas douter, la place que réserve la justice pénale internationale aux victimes des crimes qu’elle prétend poursuivre et réprimer constitue l’une des thématiques les plus en vogue actuellement traitées par la littérature scientifique [1]. Tel ne fut pas toujours le cas : jusqu’il y a peu, la victime était la grande absente des dispositifs mis en place pour traduire en justice les personnes suspectées de crimes internationaux. Ainsi, point de victime à Nuremberg ou Tokyo ; il est vrai que le zèle bureaucratique des régimes...
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Julien Pieret


Auteur

Marie-Laurence Hébert-Dolbec


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