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L’islam et l’image : entre apories et désastres

ABO Numéro 8 - 2015 - par Mostafa Chebbak -

La question de l’image, saisie dans sa stricte réception esthétique, ne peut échapper à une approche comparée entre deux paradigmes culturels aujourd’hui déterminants : l’Occident moderne et l’Orient musulman. Il s’agit en gros de savoir pourquoi la culture européenne a-t-elle pu apaiser sa relation avec la représentation iconographique de l’existant dans sa totalité (minéral, végétal, animal, humain…) à la suite de l’accumulation millénaire d’une plastique figurale qui remonte au legs gréco-romain. Alors que la culture musulmane, de culte sunnite essentiellement, a sombré dans la nuit millénaire qui a englobé non seulement les manières de voir et de juger, mais aussi les modes d’être et d’exister, à cause d’un iconoclasme érigé en norme de vie et de culture.

La mise à l’ombre, dans la sphère dominée par l’islam sunnite, du corpus iconographique, instituée au fil des siècles en politique d’État, de tout ce qui se donne à voir (et qui peut par là même être rendu visible grâce à l’apport entre autres des arts plastiques) a dominé le costume, l’architecture, le paysage et, bien évidemment, la peinture. Dans l’islam chiite, plus mystique et plus ésotérique, les êtres et leurs représentations figuratives sont polysémiques, d’où une approche plus nuancée de la tradition. En outre, les territoires où le chiisme s’est...
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Mostafa Chebbak


Auteur

ancien professeur d’esthétique à l’École des Beaux-arts de Casablanca