logo
Lancer la vidéo

L’indifférence politique

ABO Numéro 06 - 2019 - par Michel Molitor -

Les élections de mai 2019, en Belgique, ont produit des résultats important pour le futur politique du pays : un taux d’abstention fort élevé, mais inégalement réparti, érosion très sensible du poids des partis traditionnels, affirmation non équivoque d’un nationalisme droitier en Flandre, poussée — éphémère ? — d’une extrême gauche protestataire à Bruxelles et en Wallonie. Ces mouvements paradoxaux sont-ils les signes d’un système politique qui s’épuise ou qui peine à représenter les tendances profondes d’une société qui se cherche ? Sont-ils un démenti pratique, mais difficile à gérer, des thèses qui affirmaient que l’indifférence domine dorénavant la relation de nos contemporains à la vie politique ?

Les élections du 25 mai 2019 ont-elles démenti les analyses qui mettaient en évidence diverses formes d’indifférence à l’égard de la politique, voire de rejet ? Leurs résultats ont été difficiles à interpréter comme il a été malaisé de dégager les formules de gouvernement qui mettront en œuvre les choix des électeurs que l’on aura perçus, tant la campagne électorale a multiplié les intransitivités (en tout état de cause, X ne gouvernera jamais avec Y). Une fois passé le temps des élections, les exclusives réciproques seront souvent levées devant les besoins de...
La suite de cet article est réservée aux membres Premium

Michel Molitor


Auteur

Michel Molitor (né le 1.12.1940) est docteur en sociologie (UCL), professeur UCL (1972-2005).
Ses domaines d’enseignement et de recherches : sociologie des organisations, sociologie des mouvements sociaux, relations industrielles. Il a également enseigné à l’université Laval (Canada 1988-89), au programme d’économie du travail (Chili 1984-92). Professeur extraordinaire de l’université catholique de Valparaiso, DHC de l’université catholique du Pérou. À l’UCL, doyen de la faculté ESPO (1991-1994) et vice-recteur aux affaires académiques (1994-2005). Président de la commission (inter)universitaire du développement (CUD, 1996-2000). Président de l’ONG Entraide et fraternité (2010-2018). Vice-président du CRISP.
Il a été aussi le directeur de La Revue nouvelle de 1981 à 1993. À La Revue nouvelle, il assumera avec une équipe les chroniques politiques sous la signature collective « Trencavel ». Ses dernières publications (au CRISP notamment) portent sur les transformations de l’enseignement supérieur en Belgique.