logo
Lancer la vidéo

L’exclusion définitive au cœur de la mécanique scolaire

ABO Numéro 2 - 2017 - par Azzedine Hajji -

Chaque année, en Communauté française de Belgique, près de 3.000 élèves sont définitivement exclu-e-s de leur établissement scolaire, en cours ou en fin d’année. Ces données s’inscrivent dans un contexte où cette pratique est en augmentation ces dernières années ; naguère cantonnée dans le secondaire, elle s’étend même à présent dans l’enseignement fondamental. Elle concerne plus de 80% des garçons, et la prévalence est d’autant plus élevée que les élèves sont scolarisé-e-s dans des classes (au double sens du terme) accumulant les difficultés scolaires et sociales enseignement spécialisé, différencié, professionnel, etc. À l’instar de la réussite ou de l’orientation, l’exclusion définitive est un phénomène scolaire qui n’est pas neutre. Et trop souvent, il est interprété comme le reflet d’une inadaptation des élèves concerné-e-s à l’institution scolaire. Ces discours tendent alors à renforcer, involontairement ou pas, les thèses substantialistes : les garçons sont par nature plus agités, leur appartenance culturelle les prédispose à être indociles, l’indolence de leur milieu social et familial les a privés d’une éducation aux règles de la civilité, etc.

Chaque année, en Communauté française de Belgique, près de 3.000 élèves sont définitivement exclu-e-s de leur établissement scolaire, en cours ou en fin d’année [1]. Ces données s’inscrivent dans un contexte où cette pratique est en augmentation ces dernières années ; naguère cantonnée dans le secondaire, elle s’étend même à présent dans l’enseignement fondamental [2]. Elle concerne plus de 80% des garçons, et la prévalence est d’autant plus élevée que les élèves sont scolarisé-e-s dans des classes (au double sens du terme) accumulant les difficultés scolaires et...
La suite de cet article est réservée aux membres Premium

Azzedine Hajji


Auteur

Azzedine Hajji est chercheur-doctorant en sciences psychologiques et de l’éducation à l’Université libre de Bruxelles. Il a été auparavant professeur de mathématiques dans l’enseignement secondaire, et psychopédagogue en Haute École dans le cadre de la formation initiale d’enseignant·e·s du secondaire. Ses sujets de recherche portent principalement sur les questions d’éducation et de formation, en particulier les inégalités socio-scolaires dans leurs dimensions pédagogiques, didactiques et structurelles. Les questions de racialité et de colonialité constituent également un objet de réflexion et d’action qui le préoccupent depuis près de 15 ans.