L’engagement en Belgique francophone

Olivier Servais

Dans les enquêtes européennes sur les valeurs, la Belgique se situe à la croisée des chemins entre Europe du Nord et Europe latine. En matière d’engagement bénévole, elle entre à la fois dans la perspective proprement catholique du bénévolat (accent mis sur la nature de l’action et le bénéficiaire) et dans celle, plus nordiste, du volontariat (accent mis sur l’engagement personnel). Cette position traduit une variété des formes d’engagement, une multiplicité de structures associatives et une pilarisation des rapports associatifs (les associations étant elles-mêmes engagées dans des macrostructures concurrentes). Quantitativement, cette situation s’est matérialisée par l’hyper-développement associatif tous azimuts dans le pilier catholique (la contre-société catholique), un associatif « politique et engagé » (jeunesse politique, syndicalisme, mouvements contestataires divers) dans le monde socialiste et une quasi-inexistence dans le monde libéral. Différents travaux et enquêtes récents nous permettent d’envisager les conséquences, sur le monde associatif et en particulier sur l’engagement bénévole, d’un contexte marqué par la déchristianisation et l’implosion progressive du pilier catholique. En outre, ces travaux devraient permettre d’appréhender les recompositions en cours.