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L’éducation, service public ou bien commun ?

ABO Numéro 5 - 2016 - par Albert Bastenier -

L’histoire des institutions scolaires montre que s’y est opérée progressivement une politisation étatique de la culture. Or, ce modèle de transmission des connaissances semble être parvenu à son épuisement. Pour pallier cette crise, ses réformateurs tablent principalement sur une hétérogénéisation des origines sociales et culturelles du public massifié d’élèves que les établissements ne reflètent actuellement pas. Les limites que rencontre cette perspective réformatrice sont toutefois importantes et indiquent que l’école démocratique de masse reste à inventer. Doit-elle être un « service public » standardisateur de « socles de compétences » uniformément administrés à tous si différents qu’ils soient ? Ou être conçue plutôt comme un « bien commun » qui, en matière d’accès aux savoirs, s’avèrerait capable de répondre aux attentes légitimes des différents segments de la société ? Pour se réformer en profondeur face à l’échec scolaire de trop nombreux élèves, l’école a besoin de liberté.

À chacune des étapes de son devenir historique, l’école a dû élaborer une vision cohérente de ses missions. À chaque fois, elle a dû mettre en place des dispositifs structurels susceptibles de répondre aux attentes liées à l’éducation et à la transmission des savoirs. Ces dispositifs ne furent évidemment jamais indemnes d’enjeux politiques et sociaux. L’école dans son histoire Dans l’ancienne cité athénienne, c’est à la paideia que fut confiée la tâche d’apprendre aux enfants à lire, écrire et compter. Mission allant jusqu’à la philosophie et la rhétorique,...
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Albert Bastenier


Auteur

Sociologue. Professeur émérite de l’université catholique de Louvain. Membre du comité de rédaction de La Revue nouvelle depuis 1967. S’y est exprimé régulièrement sur les questions religieuses, les migrations et l’enseignement.