logo
Lancer la vidéo

L’art de ne pas changer le monde

ABO Numéro 8 - 2016 - par Antoinette Rouvroy -

Les algorithmes sont amnésiques des circonstances et conditions de production des données dont ils sont nourris, et indifférents aux manières dont les personnes peuvent se représenter et rendre compte d’elles-mêmes. Leur prétendue objectivité court-circuite la culture, le langage et le désir. Utilisés par les pouvoirs publics ou privés, ils vident de leur sens le débat, la décision, la responsabilité, la justice.

« La vie, c’est l’excès permanent de la vie. La vie – ce qui ne peut jamais être organisé jusqu’au bout : la désorganisation de la vie. » Boyan Manchev, La métamorphose et l’instant. Désorganisation de la vie, La Phocide, 2009. La Revue nouvelle : Quelles sont les raci­nes de vos travaux sur la gouvernementalité algorithmique ? Antoinette Rouvroy : Après m’être d’abord intéressée au potentiel « prédictif » des tests génétiques et à leurs implications en termes d’égalité d’opportunités sur les marchés de l’emploi et de l’assurance ainsi que dans les débats...
La suite de cet article est réservée aux membres Premium

Antoinette Rouvroy


Auteur

docteure en droit, chercheuse au Centre de recherche information, droit et société (CRIDS) de l’université de Namur