logo
Lancer la vidéo

L’accord de Paris, multilatéralisme mou

ABO Numéro 2 - 2016 - par Benjamin Denis -

La vingt-et-unième conférence de l’ONU sur le changement climatique a débouché sur un accord largement insuffisant face à la nécessité de ramener les émissions de gaz à effet de serre à zéro pourcent. Rio, en 1992, faisait preuve d’un souffle vigoureux, mais péchait par manque d’opérationalisation. Kyoto (1997) assignait des objectifs quantifés, mais à un nombre limité d’États qui jouissent d’une grande marge de manoeuvre. Les réunions qui suivent se traduiront par des marchandanges qui affaiblissent les objectifs. À Paris, l’impossibilité politique d’universaliser un système de contraintes conduit à une dynamique semblable à celle qui prévaut en matière de protection internationale des droits de l’homme et privilégie l’incitation à la contrainte et à la sanction. Cette politique « idéalisée » risque de n’être pas à la hauteur de l’enjeu dont tous les scientifiques reconnaissent l’urgence.

« Lorsque les historiens se pencheront sur ​​cette journée, ils diront que la coopération mondiale pour assurer un avenir à l’abri des changements climatiques a pris une nouvelle tournure dramatique ici, à Paris. Aujourd’hui, nous pouvons regarder nos enfants et petits-enfants dans les yeux, et enfin leur dire que nous sommes unis pour leur léguer un monde plus habitable pour eux et pour les générations futures. » Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies Non sans lyrisme, bien des voix ont célébré le caractère « historique » de l’accord conclu à...
La suite de cet article est réservée aux membres Premium

Benjamin Denis


Auteur

Benjamin Denis est spécialiste de la politique internationale du climat.