Kurdistan d’Irak : carrefour d’influences régionales

Pierre Vanrie

La crise irakienne suscite un regain d’intérêt dans les pays de la
région quant à l’évolution au Kurdistan d’Irak dont les développements
internes sont directement influencés par l’imminence d’une
probable offensive américaine contre Bagdad. La Turquie, et de
façon plus discrète l’Iran, observent avec intérêt, mais aussi avec
crainte, le processus de réconciliation des Kurdes d’Irak. Le nationalisme
prudent et pragmatique des Kurdes d’Irak consacre en
effet la réalité d’une quasi-indépendance de facto du Kurdistan
d’Irak, que la Turquie, coincée dans ses références jacobines à
l’égard de ses propres Kurdes, refuse d’admettre en changeant
d’alliance et en tentant d’instrumentaliser les Turkmènes d’Irak,
dont elle veut faire sa cinquième colonne. L’Iran développe une
attitude moins passionnelle tout en cultivant de bonnes relations
avec l’opposition irakienne, tant kurde que chiite, se plaçant dès
lors, au même titre que la Turquie, en position d’acteur incontournable
dans la perspective de l’après-Saddam.