logo
Lancer la vidéo

Immobilités et mobilisations syndicales

ABO Numéro 2 - 2019 - par Christophe Mincke -

C’est peu dire que la légitimité de l’action syndicale fait, de nos jours, l’objet d’attaques vigoureuses. De la « grève politique » à la « prise d’otage », en passant par le non-respect du « droit de travailler » ou du « droit à la mobilité » et par les accusations de conservatisme, ce sont les fondements mêmes du syndicalisme qui sont mis en cause. S’il est si durement contesté, c’est, à notre sens, en bonne partie pour des raisons structurelles, plutôt que conjoncturelles, qui tiennent à une évolution des normes sociales. Certes, les critiques actuelles rappellent bon nombre de celles qui émaillèrent l’histoire du syndicalisme, mais elles prennent maintenant appui sur de nouvelles manières de penser ce qu’est et ce que devrait être la société. En un mot, la légitimité du syndicalisme, dans ses modes d’organisation et d’action, reposait sur des bases dont on peut se demander si elles ont survécu à la fin du XXe siècle.

À quoi bon être légitime ? La question que nous abordons ici est celle de la légitimité. Nous ne le ferons pas en moraliste ou en idéologue, mais en sociologue. Il s’agit avant tout de nous interroger sur les conditions de possibilité d’une légitimité de l’action syndicale, et non de juger si elle est effectivement légitime, au regard de l’une ou l’autre normativité. Si nous nous abstenons de porter un jugement sur la légitimité effective, passée ou présente, du syndicalisme ou de certaines de ses pratiques, ce n’est pas parce que nous considérons cette...
La suite de cet article est réservée aux membres Premium

Christophe Mincke


Auteur

Christophe Mincke est codirecteur de La Revue nouvelle, directeur du département de criminologie de l’Institut national de criminalistique et de criminologie et professeur à l’Université Saint-Louis à Bruxelles. Il a étudié le droit et la sociologie et s’est intéressé, à titre scientifique, au ministère public, à la médiation pénale et, aujourd’hui, à la mobilité et à ses rapports avec la prison. Au travers de ses travaux récents, il interroge notre rapport collectif au changement et la frénésie de notre époque.