Immigration : attitude ambivalente des Japonais

Mohamed Chourak
travail, Démographie, immigration, Japon, pénurie, main d’oeuvre.

Confronté à une pénurie de main-d’œuvre de plus en plus aiguë résultant à la fois d’une embellie économique, mais surtout d’une chute démographique allant en s’accentuant, le Premier ministre japonais Shinzo Abe s’est vu obligé de revoir la politique migratoire de « rafistolage » poursuivie jusque-là par le Parti libéral démocrate au pouvoir qu’il préside. Tirant ainsi profit de son soutien populaire et aussi de la faiblesse de l’opposition, Abe va décider en 2019 de ne plus reporter cette question cruciale de la baisse démographique du pays sur les générations politiques futures. Il va envisager « l’impensable » pour un conservateur japonais : ouvrir le pays à l’immigration internationale.

Les sondages d’opinion montrent que l’immigration demeure impopulaire au Japon surtout auprès des personnes âgées, même si, sous les contraintes économiques objectives, ce rejet semble s’atténuer ces dernières années.

Selon un sondage de 2017 de la chaine de télévision publique NHK, 51% des sondés souhaitent que le nombre d’étrangers reste à son niveau actuel, alors que ce chiffre était de 56% en 1992, soit une évolution positive de cinq points sur la période.

Dans le même sens, un sondage du journal Asahi Shinbun (novembre-décembre 2017), indique que « 90% des sondés affirment que le Japon n’est pas prêt à affronter l’afflux de ces travailleurs étrangers ». On y lit également que plus de 48% des répondants indiquent qu’avoir davantage d’étrangers dans leur voisinage aura des effets négatifs alors que seulement 32% disent l’inverse. Quelque 46% des sondés s’opposent à l’ouverture du pays aux étrangers et 44% y sont favorables.

En revanche, au lendemain de l’annonce par le Premier ministre Abe de son plan d’accepter les étrangers dans le pays, en juillet 2018, le sondage mensuel de l’agence d’information Kyodo News montrait que 51,3% des sondés soutenaient cette proposition et que 39,5% y étaient opposés. Les raisons invoquées pour refuser les travailleurs immigrés se résument au particularisme insulaire du pays (uniqueness) au handicap de la langue et à la crainte de la détérioration de la sécurité. Quant aux solutions généralement préconisées pour résoudre les problèmes de pénurie de main-d’œuvre et de vieillissement de la population nipponne, les Japonais font confiance au développement de l’intelligence artificielle et à la robotisation pour remplacer l’homme dans les tâches répétitives…, ils préconisent, aussi, d’attirer davantage de femmes et de personnes âgées sur le marché du travail. Certains commencent à prendre en considération la vision future du Japon préconisée par l’ancien directeur du Bureau de l’immigration du ministère de la Justice et qui se résume à deux options : soit accepter le déclin démographique naturel du pays et se préparer aux conséquences restrictives sur la croissance économique et le niveau de vie, cette option s’accompagnant d’une fermeture hermétique du pays à l’immigration, soit chercher à compenser le déclin naturel de la population par un recours massif aux étrangers pour promouvoir un « Japon dynamique » et ainsi maintenir la croissance économique. Ce choix suppose que le Japon doit se préparer à accepter plus de 20 millions d’immigrés durant les cinquante ans à venir [1].

Les partisans de la première option, du déclin naturel de la population du Japon, pour chuter a 85-90 millions d’âmes selon les projections de l’Institut national de la population et de la sécurité sociale, pensent qu’à ce niveau le pays serait plus gérable qu’à présent.

Le nombre des résidents étrangers approchait les 2,5 millions en 2017 et, proportionnellement, ce chiffre a enregistré une importante augmentation ces cinq dernières années, en passant de 1,59% en 2012 de la population totale du Japon à près de 2,0% en 2017 soit un gain de 0,4% (voir tableau 1). D’après les données de l’OCDE durant cette dernière année, le Japon était le quatrième pays d’immigration au sein de cette organisation.

Tableau 1

Population japonaise et étrangère (1000)

2014 2015 2016 2017 2018 2030*
Population 127.083 127.095 126.933 125.584 125.210 119.125
Étrangers 2.122 2.232 2.383 2.323 2.498
% 1,67 1,76 1,88 1,85 2,00

Sources : *Projection par (IPSS) Institut national de recherche sur la population et la sécurité sociale, www.ipss.go.jp

Selon le ministère de la Justice japonais, le nombre d’étrangers est passé de 2121831 en 2014 à 2497656 en 2018, soit une augmentation de 17,7% en cinq ans. Cette évolution demeure insuffisante eu égard à la baisse démographique et à la demande d’emploi et donc de la croissance économique du pays.

En effet, pour enrayer le déclin de la population en âge de travailler, le nombre d’immigrés devrait être multiplié par deux pendant les dix ans à venir, ce qui serait très difficile à réaliser même avec la nouvelle initiative d’Abe, estime un économiste de Capital Economist, au journal Nikkei [2].

L’attitude ambivalente envers l’immigration concerne toutes les couches de la société nipponne et surtout celles employées dans les secteurs et les industries touchés par la pénurie de main-d’œuvre. Aussi, le Japon paraît se mouvoir dans une contradiction entre le refus de toute immigration pour des motifs « socioculturels », d’une part, et la réalité de l’internationalisation économique qui impose ses lois, d’autre part. Cette ambivalence est très bien formulée par le patron d’une petite société de construction qui emploie des immigrés vietnamiens en déclarant notamment qu’« avec notre pays qui vieillit, les travailleurs disparaissent. Les appartements ne peuvent plus être bâtis puisqu’il n’y a pas assez de travailleurs… nous n’avons donc pas d’autre choix que d’admettre les étrangers dans notre pays [3] ». Le besoin pressant de main-d’œuvre semble dicter sa loi et plaide pour l’acceptation des immigrés. Un sondage du journal économique Nikkei [4] corrobore cette observation en notant « que 55% des personnes qu’il a interrogées affirment que l’augmentation des immigrés est indésirable, mais inévitable » et seulement « 27% disent que les travailleurs étrangers devraient être bien accueillis ».

Quant aux hommes d’affaires confrontés quotidiennement au manque de travailleurs, ils souhaitent que le gouvernement aille plus loin dans cette direction, ils préconisent une vraie politique migratoire à long terme pour soutenir leurs affaires et endiguer la baisse démographique du pays. L’un des grands défenseurs de cette option, le patron de Rakuten et directeur de l’Association de la nouvelle économie du Japon (JANE), a pour résoudre le problème du vieillissement de la population et de la baisse des naissances présenté au gouvernement, en 2018, quatre propositions : en l’occurrence la réforme de la sécurité sociale, la promotion de l’économie de partage, la promotion du tourisme et l’ouverture du pays à l’immigration.

Évolution de la position d’Abe en matière migratoire

En fait, la décision d’Abe d’ouvrir le Japon aux étrangers ne peut être dissociée de son programme politique de réformer le pays pour affronter les nouvelles réalités politico-économiques du XXIe siècle, dont il s’est fait l’avocat dès son retour au pouvoir en 2012. En effet, avec son « Japan is back » qui rappelle le slogan des nationalistes néolibéraux [5] en Europe et aux États-Unis, Abe déverrouille un certain nombre de secteurs qui sont un lourd héritage de l’après-guerre et qui ne répondent pas à l’évolution contemporaine du Japon.

Ainsi, cet apparatchik de la préfecture de Yamaguchi au sud du Japon, fils d’une lignée de samurais modernes de la politique [6], qui a façonné le pays d’après-guerre, et président de Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir, se considère comme le gardien de la tradition ancestrale, investi de la mission de « libérer le Japon du système » qui lui a été imposé après la guerre.

En matière migratoire, la question qui taraude Abe et les gestionnaires de l’État est justement de savoir comment concilier les réalités économiques résultant du vieillissement de la population, d’une part, et cette perception socioculturelle, populaire très conservatrice, qui freine l’afflux de la force de travail étrangère nécessaire au maintien de la croissance de l’économie et à la prospérité du pays, de l’autre. Mais fort de ses soutiens populaires comme celui des hommes d’affaires et avec une opposition divisée et faible, Abe semble décidé à ne plus renvoyer la question cruciale de la baisse démographique du pays vers les générations politiques futures.

En effet, son discours a considérablement évolué. Réfractaire à l’immigration à son arrivée au pouvoir, en 2017 il entrouvre les portes du pays à certaines catégories d’immigrés avant de décider d’ouvrir carrément le pays à toutes les catégories de travailleurs étrangers en avril 2019. Sur le plan personnel, comment peut-on expliquer ce changement « inattendu et même surprenant » d’Abe qui a pris de court, non seulement ses adversaires politiques, mais aussi la frange la plus à droite du PLD et les nationalistes de tout bord. Ne craint-il pas de perdre le soutien de tout ce monde qui lui est fidèle et surtout de se priver de ses soutiens politiques surs ?

Un regard sur les déclarations et les actions sur ce sujet sensible de la politique nipponne peut nous éclairer sur l’évolution de la position du PLD et de son président Abe sur l’immigration ces dernières années.

En effet, le refus de recourir à l’immigration est une constante de la politique nipponne depuis la guerre. Cette position était aisée à poursuivre et à maintenir depuis 1955 d’autant que, à l’exception d’une parenthèse en 1992-1993, c’est le PLD qui a exercé son hégémonie sur la vie politique nipponne. Confronté à cette question d’immigration à la suite de l’embellie économique de la décennie 2000, l’ancien Premier ministre conservateur Junichiro Koizumi a déclaré en 2005 que « si le nombre de travailleurs immigrés dépasse une certaine limite, ils sont voués à provoquer des dissensions et des conflits. Il est nécessaire de prendre des mesures pour prévenir cette situation et ne considérer cela que dans la limite du nécessaire. Ce n’est pas parce qu’il y a une pénurie de la main-d’œuvre qu’il faut permettre aux immigrés d’entrer dans le pays [7]. » À l’époque, les responsables japonais avaient d’autres préoccupations et n’avaient pas encore pris conscience de l’importance de s’attaquer au problème de la chute de la démographie.

Par crainte des risques politiques, son successeur Abe adopte le même discours conservateur, en tout cas à son retour au pouvoir en 2012 [8], en déclarant, le 29 septembre 2015 à New York, en réponse aux journalistes qui lui demandent pourquoi le Japon refuse d’accepter des réfugiés que : « …je dirais qu’avant d’accepter des immigrants ou des réfugiés, nous avons besoin de plus d’activités pour les femmes, les personnes âgées et nous devons élever notre taux de natalité. Il y a beaucoup de choses que nous devrions faire avant d’accepter des immigrants. » [9] Ce discours renvoie à son vaste programme de réformes économiques, Abenomics, qu’il venait de lancer en 2013 et sur lequel il a fondé beaucoup d’espoir pour redresser l’économie japonaise engluée dans une déflation.

À postériori, comment devons-nous interpréter sa déclaration de New York : « il y a beaucoup de choses que nous devrions faire avant d’accepter les immigrés » ? Nous le savons, les politiciens japonais, et les Japonais en général, évitent d’affronter directement les sujets délicats ou à problèmes. Plutôt que de traiter ce genre de sujets gênants, les Japonais feront en sorte d’arrondir les angles ou préfèreront simplement les esquiver.

Si nous suivons cette logique, quel message voulait-il faire passer à ses compatriotes ? Voulait-il aplanir les divergences au sein de son parti avant de s’engager dans une politique migratoire qu’il savait inévitable à moyen terme pour la survie de son pays aussi bien économiquement qu’en tant que place dans le monde, mais qui, à court terme, pouvait mettre en cause sa survie politique interne ?

Autrement dit : qu’est-ce qui fait courir M. Abe ? Des raisons économiques sans doute, mais des raisons politiques sont aussi à prendre en compte dans son calcul. Les considérations stratégiques constituent également une motivation importante. En effet, l’offensive politique et stratégique chinoise, les difficultés russes et la montée de l’Inde dans la région risquent de reléguer le Japon davantage dans le bas de l’échelle des décisions en matière de relations internationales. D’autant que la dégradation du statut de la Russie sur le plan international est bien là pour lui rappeler, ainsi qu’à ses collègues du PLD, la réalité internationale et le sort qui les attend s’ils ne s’assurent pas de leur position dans le monde.

Mais en homme d’expérience et pour ne pas choquer la sensibilité de son opinion publique, qui demeure généralement peu enthousiaste, c’est le moins que l’on puisse dire, à l’afflux des immigrés dans le pays, Abe semble avancer lentement et à dose acceptable. En effet, jusqu’à sa première reconduction à la tête du PLD et en tant que chef du gouvernement en 2017 [10], M. Abe a fermé les yeux sur cette question de l’immigration et a continué la tactique de rafistolage pratiquée jusqu’alors pour pallier la pénurie de main-d’œuvre qui pourtant se faisait de plus en plus pressante. Le but recherché était un « grignotage systématique et graduel [11] » de l’opinion publique afin d’amener les Japonais à s’habituer à la présence des étrangers dans leur environnement et ainsi la tolérer.

En fait, cette stratégie, intentionnelle ou non, peut être constatée dès 2013 quand M. Abe mise sur le tourisme pour améliorer la croissance économique du pays et permettre sa revitalisation régionale.

Le Japon vise ainsi de doubler le nombre de visiteurs étrangers pour dépasser les 30 millions à l’horizon 2030. Puis en raison d’une croissance plus importante des touristes étrangers, en juin 2014 l’objectif a été porté à 40 millions de voyageurs en 2020. Les conditions d’octroi de visas ont été assouplies pour faciliter l’entrée à des classes à revenu moyen et permettre à de larges pans de la population des pays asiatiques, notamment la Chine, jusque-là exclus matériellement, de découvrir les charmes du Japon. Durant 2015, pour la première fois, le nombre de visiteurs étrangers (19,7 millions) dépasse celui des Japonais voyageant à l’étranger (16,2 millions). Parallèlement, l’amélioration de cette activité touristique a permis l’augmentation du nombre d’« immigrés » étrangers, surtout des étudiants, pour répondre aux besoins d’interprètes, d’accompagnateurs, etc.

Malheureusement, cet objectif de porter à 40 millions le nombre de visiteurs a été démoli par l’apparition de Coronavirus en Chine en décembre 2020, ce qui a vu Pékin arrêter le flux des touristes à l’étranger. La presse rapporte que pendant la nouvelle année chinoise (coïncidant avec la fin du mois de janvier), plus de 400.000 Chinois ont annulé leur voyage pour le Japon. De même en raison de la brouille entre Séoul et Tokyo de ces derniers mois à propos de l’interprétation de l’histoire coloniale japonaise, les Coréens se sont abstenus de s’y rendre. De plus, le report des olympiades de juillet 2020 de Tokyo anéantit complètement cet objectif.

L’afflux de touristes dont le nombre a dépassé les 31,2 millions de personnes en 2018, soit un quart de la population, dans un pays jusque-là peu ouvert à l’international et où l’étranger était considéré plutôt comme un élément de décoration [12], va avoir un effet tangible sur la réceptivité de l’opinion publique nipponne à l’égard de l’étranger.

Bien entendu, cet accroissement du nombre de visiteurs étrangers engendre des recettes non négligeables. Ces retombées financières constituent une soupape importante pour les programmes d’Abe et favorisent la reprise de l’économie. Entre 2012 et 2017, les recettes du tourisme ont quadruplé passant de 1,1 trillion de yens (environ 9 milliards de dollars) à 4,4 trillions de yens et le gouvernement table sur 8 trillions en 2020 et 15 trillions en 2030. Selon l’Agence du tourisme du Japon, le pays est une destination privilégiée pour le shopping qui représente 40% de la consommation totale des étrangers en 2016. La dépense par touriste a connu une augmentation appréciable passant de 130.000 à 154.000 de yens soit 17,7% sur la période 2012-2017.

Même si l’afflux de touristes soulève certains problèmes dus aux comportements et aux manières déplorables de certains d’entre eux, au bruit, à la saleté… [13], il a toutefois permis aux Japonais de s’habituer à la présence des étrangers et a ainsi facilité le travail de persuasion et de « grignotage » des politiciens.

Tableau 2

Effectifs de touristes (millions), les recettes touristiques (trillions de yens) et les dépenses (1000 yens)

2012 2013 2014 2015 2016 2017 2020 2030
Nb. T* 9,17 11,25 14,15 19,69 23,22 27,42 40 60
Recet. T** 1,1 1,5 2,1 2,8 3,7 4,4 8,0 15,0
Dep/ Pers. 130,0 137,0 151,1 176,2 155,9 154,0

*Pour les projections 2020, 2030 sont tirées des projections par (IPSS) Institut national de recherche sur la population et la sécurité sociale.
**Recettes touristiques et celles relatives à 2013 et 2014 sont tirées de Japan National Tourism Office databook 2017.

Sources : www.japan.go.jp ; www.statistics.jnto.go.jp

D’après l’économiste Tomoya Suzuki de Nissei Life Insurance : « le changement du regard des Japonais vis-à-vis des non-Japonais a permis de baliser le chemin pour la législation de décembre (2018) d’accepter davantage de travailleurs immigrés [14] ».

En fait, le premier pas pour la normalisation de l’immigration a été franchi en juin 2018, lorsqu’Abe a annoncé sa décision d’accepter 350.000 nouveaux travailleurs étrangers non qualifiés dans le pays jusqu’en 2025 devenant ainsi le promoteur de la troisième ouverture du pays sur le monde.

La nouvelle loi élargit les domaines dans lesquels des étrangers peuvent travailler à quatorze métiers et classe les nouveaux arrivants en deux catégories : ceux qui occupent des emplois spécifiques, qui sont autorisés à amener leur famille et dont le contrat peut être renouvelé plusieurs fois, et les cols bleus, qui constituent le gros du contingent d’immigrés, qui viendront pour travailler, pour un temps limité à cinq ans dans les secteurs en manque criant de main-d’œuvre comme l’agriculture, la construction, etc., et qui n’auront pas le droit d’amener leur famille. En outre, cette loi réhabilite l’idée de Sakanaka Hidenori qui, dès 2005, avait préconisé la création d’une « Agence d’immigration et de résidents étrangers » indépendante du ministère de la Justice pour l’accueil et la gestion de l’afflux des immigrés [15].

Cette décision qui apparait comme un changement radical de direction dans la politique d’Abe ne fait que confirmer sa réelle stratégie en matière migratoire. Les nouvelles régulations de ce programme vont assouplir les conditions liées à la maitrise de la langue pour les travailleurs des secteurs de la construction, l’agriculture, les centres de soin pour les personnes âgées et autres industries qui souffrent d’une pénurie de main-d’œuvre. D’autant que d’autres pays développés d’Asie (Corée, Singapour, Taïwan, Hong Kong…) et la Chine connaissent les mêmes problèmes démographiques et certains se sont déjà ouverts afin d’attirer les immigrés et les cerveaux en vue de se préparer aux grandes évolutions et/ou révolutions internationales en cours en matière de robotisation, d’intelligence artificielle, de communication… La Corée du Sud avait réformé sa politique migratoire dès 2003 en l’orientant davantage sur l’accueil des travailleurs migrants sur son territoire. Fort de ses réalisations économiques et du maintien de sa popularité, le Premier ministre n’a pas peur des tabous et n’hésite pas à déclarer « libérons-nous de la pensée conventionnelle… je créerai un Japon qui peut attirer les grands talents de par le monde », car il sait que son pays n’est pas le seul sur le marché et la concurrence pour l’attraction des cerveaux est rude.

[1Hidenori S., « The Future of Japan’s Immigration Policy : a battle diary », Asia-Pacific Journal, Volume 5, issue 4, avril 2007. Un résumé traduit par A. Taylor et D. McNeil.

[23 novembre 2018.

[3Journal The Yomiuri Shinbun, 11 avril 2018. 

[421 janvier 2019.

[5Jeannin M., « Populisme au Japon : Shinzo Abe est le François Fillon japonais », une interview du prof. Xavier Mellet,www.asialyst.com, 5 décembre 2018.

[6Abe a deux membres de sa famille qui ont exercé la fonction de Premier ministre (son grand-père maternel M. Kishi et le frère de celui-ci M. Eisako Sato c’est-à-dire son grand-oncle maternel) et son père qui était ministre des Affaires étrangères. Les deux frères ne portent pas le même nom du fait que le deuxième a pris le nom de sa femme.

[7« Japanese Immigration Policy : Responding to Conflicting Pressures », 1er novembre 2006, par Chikako Kashiwazaki, Tsuneo Akaha, www.migrationpolicy.org.

[8M. Abe a été élu la première fois en 2007 à la tête du gouvernement japonais, mais neuf mois plus tard, il démissionne pour raison de santé. Il sera réélu en 2012, et actuellement avec sa réélection à la tête du PLD en septembre 2018 et donc du gouvernement, il réalise ainsi le plus long mandat en tant que chef de gouvernement depuis la guerre.

[9Durandeau J., université catholique de l’Ouest, 11 octobre 2015.

[10Le Premier ministre au Japon est élu par la Diète et généralement c’est le chef du premier parti dans cette instance qui assure la primature. Or l’alternance a la tête du LDP est fixée à trois ans (avec un maximum de deux mandats consécutifs) ce qui fait que le Premier ministre peut changer sans changement du parti qui gouverne. Pour permettre à Abe de continuer en tant que Premier ministre, le Parti (qu’il préside) a modifié cette règle d’élection et l’a reconduit exceptionnellement pour un troisième mandat à la tête du Parti le 20 septembre 2018.

[11Chourak M., « Vers le changement de la constitution pacifique du Japon », Revue politique et parlementaire, juillet 2018. Paris.

[12Les différentes chaines de télévision privées exploitent admirablement ce créneau pour augmenter leur audience en proposant des émissions sur l’étranger et les étrangers vivant au Japon.

[13Certaines attractions et lieux (temples et même des grands nomiya-san, échoppes où l’on peut manger et boire) commencent à refuser les groupes touristes étrangers à cause des mauvaises manières de certains qui dissuadent même les Japonais de s’y rendre (temples au Sud du Japon), journal The Asahi, 5 mars 2019 et The Telegraph, 7 mars 2019.

[14« The NLI Research Institute, un think tank filiale de la firme Nissei life insurance », US new world Report, 23 janvier 2019.

[15Elle est lancée le 1er avril 2019 sous le nom de l’Agence des services de l’immigration.