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Images de Bologne : un mât de cocagne dans un brouillard épais

Septembre 2008 - par Jean-Émile Charlier -

La déclaration de Bologne n’a pu susciter le ralliement massif des autorités académiques que parce que ses objectifs affichés sont suffisamment vagues et que les modalités concrètes de leur mise en œuvre ne sont pas définies. La compatibilité entre des systèmes très diversifiés ne pouvait que recueillir l’aval d’institutions qui doivent dorénavant attirer des « clients » européens et du Sud - ces derniers, du reste, n’ont pas eu voix au chapitre. Si le souci des autorités académiques était de se situer en bonne place dans la course, paradoxalement leur grand nombre risque de rendre ce souhait impraticable : seules des normes mécaniques pourront rencontrer la diversité des adhésions. Or Bologne est un test de la capacité collective à faire vivre l’utopie d’un enseignement « sans frontières » qui ne soit pas piloté par des techniciens.

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Jean-Émile Charlier


Auteur

Jean-Émile Charlier est sociologue, professeur aux facultés universitaires catholiques de Mons.