logo
Lancer la vidéo

Il n’y aura pas de miracle à gauche

ABO Numéro 4 - 2016 - par Paul Aimant -

La condamnation classique des partis de gauche qui, parvenus au pouvoir, seraient incapables d’appliquer leur programme ou deviendraient des « traitres » est démentie par une analyse des effets structurels du jeu politique. Ainsi, en Belgique, comme en France, les partis de gauche se sont ralliés depuis longtemps aux thèses néolibérales. La structure des partis s’est elle-même modifiée, se professionnalisant au détriment de la filière militante. Comme d’autres institutions, ils n’échappent pas aux évolutions sociales, notamment la généralisation du modèle entrepreneurial. Enfin, c’est une illusion de croire que l’on pourrait élaborer une voie médiane entre la logique social-démocrate et la logique néolibérale puisque le néolibéralisme, projet cohérent et indivisible, concerne tous les aspects de la vie sociale et de la vie quotidienne.

Le 8 avril 1998, quelques sociologues réunis autour de Pierre Bourdieu au sein du collectif Raison d’Agir publiaient une carte blanche dans Le Monde, intitulée « Pour une gauche de gauche ». Leur texte commence par une condamnation sans appel de l’exécutif français : « Il est temps que le quatuor Jospin, Chevènement, Hue, Voynet se rappelle que les majorités de gauche ont conduit au désastre chaque fois qu’elles ont voulu appliquer les politiques de leurs adversaires et pris leurs électeurs pour des idiots amnésiques. » D’une certaine manière, cette...
La suite de cet article est réservée aux membres Premium

Paul Aimant


Auteur

chercheur et militant socialiste