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Henri Michaux à travers le prisme de la belgitude

ABO Numéro 7 - 2016 - par Nathalie Gillain -

Si de nombreux écrivains ont revendiqué (et revendiquent encore) leur identité belge, plusieurs — et non des moindres ! — ont en revanche adopté une posture de dénégation de leurs origines. C’est le cas d’Henri Michaux (1899-1984), dont l’œuvre a souvent été présentée comme le parangon de cette posture. Cette lecture apporte-t-elle un éclairage pertinent sur les textes ? Le refus d’être inscrit dans une histoire ou dans un rapport de filiation excède largement, en ce qui concerne Michaux, la problématique de la belgitude. L’auteur a mis au point certaines stratégies pour crypter, sinon pour effacer, ses origines belges.

Interrogée lors de la réalisation d’un documentaire sur la vie et l’œuvre d’Henri Michaux, Liliane Wouters a raconté la difficulté à convaincre celui-ci de figurer dans le Panorama de la poésie française de Belgique qu’elle préparait avec Jacques Antoine au milieu des années septante (Jaubert 1995). Elle a rapporté leur discussion en ces termes : « – Michaux. Ce qui m’embête, c’est le relent nationaliste… Est-ce que vous me considérez comme Belge ? – Wouters. Non. – M. Comme Français, alors ? – W. Non. – M. Quelle épithète, alors ? – W. Septentrional. » Et « il...
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Nathalie Gillain


Auteur

professeure invitée à l’université Saint-Louis-Bruxelles, chercheuse et formatrice à l’université de Namur, spécialiste des rapports entre photographie et littérature. Elle a publié des articles sur différents auteurs belges et est membre du comité de la revue Textyles