Habitat groupé et communauté

Benoît DebuignePascale Thys

Le projet communautaire a toujours été présent dans les consciences. Comment, quarante ans après mai 1968, vient-on à reparler de cohabitation et d’habitat groupé  ? Il y a vingt-cinq ans déjà, un engouement pour ce type d’habitat s’était manifesté. Mais s’agit-il du même concept de vie aujourd’hui  ? Ce n’est pas tant la forme des habitats groupés actuels qui diffère que les motivations des gens qui désirent y entrer. Là où, à l’époque, on s’y impliquait en réaction à une société capitaliste et individualiste, on y adhère maintenant plutôt sous la contrainte socio­économique (pression immobilière, diminution du pouvoir d’achat, éclatement familial...) ou par souci environnemental (système collectif de lagunage, installation collective de panneaux solaires...). Les nouveaux habitats groupés sont souvent bien loin de la critique initiale d’un modèle social et préfèrent créer une microsociété « hors de la société » où il s’agit de se mettre ensemble face aux problèmes sociaux, économiques ou environnementaux rencontrés.