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Guerre civile et dictature, une mémoire encombrante

ABO Numéro 7 - 2015 - par Cristal Huerdo Moreno -

À l’heure de forger un projet national, il est indispensable de définir les contours de la mémoire : de quoi se souviendra-t-on ? qu’oubliera-t-on ? L’Espagne en transition démocratique n’y a pas échappé. Mais lorsque le consensus est brisé, lorsque la mémoire devient enjeu de luttes politiques et lorsque des faits vieux de quatre-vingts ans empoisonnent le débat public, on peut s’interroger sur ce que fut la démocratisation espagnole : l’instauration d’une ère de concorde ou une entreprise de refoulement mémoriel ?

La question de la mémoire ou des mémoires est récurrente en Europe. Elle suscite de nombreux débats tant entre historiens qu’au sein de la société civile : la mémoire n’est pas une discipline scientifique contrairement à l’histoire, elle est par essence multiple et sélective. Cette mémoire plurielle peut conduire à des antagonismes, à des affrontements là où, de prime abord, on pourrait penser qu’elle est ce qui unit un peuple autour d’un passé commun et l’aide à en dépasser les traumas. L’Espagne fait partie de ces pays où elle divise la société...
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Cristal Huerdo Moreno


Auteur

Cristal Huerdo Moreno est maitre de langue à l’Université Saint-Louis, collaboratrice pédagogique à l’U-Mons et traductrice. Elle travaille sur l’écriture féminine engagée (Espagne 1920-1975) et sur la fictionnalisation de la guerre civile dans la littérature du XXIè siècle. Elle encadre la rubrique Italiques de La Revue nouvelle.