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Euromaïdan, quel prix pour l’indépendancede l’Ukraine ?

ABO Septembre 2014 UkraineRussie - par Giuseppe Perri -

Dans les années 1980, la nation ukrainienne a failli disparaitre à cause de la russification menée par le régime brejnévien. Dès le lendemain de la proclamation de l’indépendance (1991), les élites et la majorité des citoyens ont toujours professé une « vocation » européenne. C’est pourquoi la décision du président Ianoukovitch de tourner le dos à l’Union européenne a provoqué un mouvement de protestation qui a débouché sur une révolution politique. Tous les problèmes de ce pays complexe, à l’histoire très diffi cile, restent entiers, et la société ukrainienne est appelée à sortir des ambivalences produites par son statut de société postcoloniale. La Russie semble vouloir réagir à la révolte ukrainienne avec une politique néoimpériale de balkanisation et d’annexion. De leur côté, beaucoup de décideurs européens sont toujours prêts à composer avec les intérêts russes, d’autant que persiste une difficulté majeure à reconnaitre à l’Ukraine une place sur la carte mentale de l’Europe. Par contre, les Américains ont apparemment décidé cette fois-ci de se mettre aux côtés de l’État ukrainien, ce qui n’était pas le cas lors des négociations des accords internationaux qui ont suivi les deux guerres mondiales.

Réprimée par le pouvoir impérial jusqu’en 1991, la communauté ukrainienne a été la plus grande communauté nationale européenne dépourvue d’État indépendant. Les vingt-trois années d’indépendance n’ont pas encore suffi pour que l’Ukraine puisse se retrouver elle-même et trouver enfin sa localisation géographique et mentale sur la carte de l’Europe. Les longues semaines d’Euromaïdan ont représenté la difficile gestation d’une communauté finalement consciente d’elle-même ; une prise de conscience qui risque de se payer par la perte (d’une ampleur encore indéfinie) de...
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Giuseppe Perri


Auteur

Chercheur au Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité (ULB)