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Eurasisme, revanche et répétition de l’histoire

ABO Mai 2015 - par Bernard De Backer -

Depuis la fin de l’Union soviétique et la chute des régimes communistes vassaux, les tensions entre le monde euroatlantique et la Fédération de Russie furent longtemps et communément perçues ou interprétées à travers le prisme des luttes géostratégiques, des intérêts économiques divergents et des enjeux de pouvoir. L’idéologie alternative du communisme s’étant évaporée, il semblait que la Russie s’était grosso modo convertie à la « démocratie-économie-de-marché », même si cette conversion se faisait à son rythme et selon ses modalités propres. Nous étions encore dans le récit populaire ou savant de la « fin de l’Histoire » (Hegel, Kojève, Fukuyama…), de l’extension irrésistible d’un modèle supposé universel, né en Europe occidentale, version libérale du défunt millénium marxiste. C’est cependant à La Revanche de l’histoire, titre d’un ouvrage du néo-eurasiste Alexandre Panarin, que l’on semble avoir progressivement assisté.

Le regain d’une théorie politique impériale et d’une Weltanschauung alternatives et rivales avançait à bas bruit, anticipé par quelques experts (dont Samuel Huntington dans Le Choc des civilisations, ouvrage publié en 1993 et qui a fait l’objet de vives critiques [1]) ou acteurs du pouvoir russe, et trouvait des complicités furtives en Europe occidentale. La question des « sexualités non traditionnelles [2] » suivie de la guerre en Ukraine furent de ce point de vue des révélateurs publics et mirent en quelque sorte ces dessous idéologiques à l’air libre....
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Bernard De Backer


Auteur

sociologue et chercheur