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Écriture inclusive, j’écris ton nom

ABO Numéro 2 - 2018 Ecriture inclusiveféminismeFrançaisLangue - par Laurence Rosier -

Septembre 2017, Le Figaro inaugure la rentrée en pointant la parution, six mois auparavant, d’un manuel scolaire [2] utilisant l’écriture inclusive. Depuis, des diners de famille aux plateaux de télévision, en passant évidemment par les flux des réseaux sociaux de discussion, elle n’a cessé d’être soit défendue, prônée, pratiquée, soit critiquée, déboutée, vouée aux gémonies. Retour sur une praxis langagière militante. Pourquoi l’écriture inclusive enflamme-t-elle à ce point ? Quels enjeux soulève-t-elle ?

« Que cela plaise ou non, il n’est pas seulement question de linguistique, mais également de politique » (Ballast, Que l’Académie tienne sa langue, pas la nôtre, 2017). « Changer le monde prendra un certain temps. Changer de mots, c’est possible tout de suite » (Fl. Montreynaud, Quand la langue française fait mal aux femmes, 2018). ------------------------------------------------- Précisons-le d’emblée : les débats autour de la langue, particulièrement pour le français, suscitent depuis longtemps des réactions qu’on peut qualifier de passionnelles [1]...
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Laurence Rosier


Auteur

Née en 1967, Laurence Rosier est licenciée et docteure en philosophie et lettres. Elle est professeure de linguistique, d’analyse du discours et de didactique du français à l’ULB. Auteure de nombreux ouvrages, elle a publié plus de soixante articles dans des revues internationales, a organisé et participé à plus de cinquante colloques internationaux, codirigé de nombreux ouvrages sur des thèmes aussi divers que la ponctuation, le discours comique ou la citation ou encore la langue française sur laquelle elle a coécrit M.A. Paveau, « La langue française passions et polémiques » en 2008. Elle a collaboré au Dictionnaire Colette (Pléiade).
Spécialiste de la citation, sa thèse publiée sous le titre « Le discours rapporté : histoire, théories, pratiques » a reçu le prix de l’essai Léopold Rosy de l’Académie belge des langues et lettres. Son « petit traité de l’insulte » (rééd en 2009) a connu un vif succès donnant lieu à un reportage : Espèce de…l’insulte est pas inculte. Elle dirige une revue internationale de linguistique qu’elle a créée avec sa collègue Laura Calabrese : Le discours et la langue. Avec son compagnon Christophe Holemans, elle a organisé deux expositions consacrées aux décrottoirs de Bruxelles : « Décrottoirs ! » en 2012.
En 2015, elle est commissaire de l’exposition « Salope et autres noms d’oiselles ». En novembre 2017 parait son dernier ouvrage intitulé L’insulte … aux femmes (180°), couronné par le prix de l’enseignement et de la formation continue du parlement de la communauté WBI (2019). Elle a été la co-commissaire de l’expo Porno avec Valérie Piette (2018).
Laurence Rosier est régulièrement consultée par les médias pour son expertise langagière et féministe. Elle est chroniqueuse du média Les Grenades RTBF et à La Revue nouvelle (Blogue de l’irrégulière). Elle a été élue au comité de gestion de la SCAM en juin 2019.
 Avec le groupe de recherche Ladisco et Striges (études de genres), elle développe des projets autour d’une linguistique « utile » et dans la cité.