Dieu et l’Europe : les vertus d’une omission

Olivier ServaisMuriel Ruol

Après d’âpres négociations, l’Europe des Vingt-Cinq s’est enfin dotée ce 18 juin 2004 d’une Constitution. Contrairement aux vœux des Polonais (dont le Premier ministre Marek Belka s’est fait jusqu’à la dernière minute le porte-parole opiniâtre), celle-ci ne comportera aucune référence explicite ni à Dieu ni au christianisme. Les évêques polonais ont aussitôt réagi : « C’est l’histoire que l’on falsifie ! », s’indignent-ils. Sur le même diapason, le pape regrette l’omission du patrimoine chrétien dans la Constitution européenne, ainsi que l’oubli du rôle majeur qu’a joué le christianisme dans la longue histoire des pays d’un continent européen, aujourd’hui en voie de « réunification ».