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Crise des réfugiés. L’anémie intellectuelle et morale de la gauche

ABO Numéro 4 - 2016 - par Albert Bastenier -

Au sein du « petit monde » des professionnels de la politique, l’argument de la realpolitik a bon dos. Aujourd’hui, même au sein des partis progressistes, il finit par l’emporter. Face à l’urgent besoin d’une politique migratoire conséquente au sein de l’Union européenne, la congélation intellectuelle et morale ronge la gauche. De renoncement en renoncement, elle finira par y perdre sa raison d’exister.

Jean-Claude Juncker a cru pouvoir l’affirmer : après la crise grecque qui l’a mise à rude épreuve en 2015 et malgré la crise des réfugiés qui continue de la secouer, « la solidarité européenne finira par prévaloir » (Le Monde, 12 janvier 2016). À sa suite, on voudrait qu’il fût vrai que l’Union n’est pas prise dans un irrésistible processus de faiblesse et de lâcheté. Mais à vrai dire, de quel type de solidarité Juncker parle-t-il ? Dans le sillage du succès électoral de Syriza, après qu’on eut espéré la voir surgir à gauche tout au moins sinon à droite, ce fut...
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Albert Bastenier


Auteur

Sociologue. Professeur émérite de l’université catholique de Louvain. Membre du comité de rédaction de La Revue nouvelle depuis 1967. S’y est exprimé régulièrement sur les questions religieuses, les migrations et l’enseignement.