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Créer du commun. L’avenir des cours philosophiques en Belgique

ABO Numéro 9/10 septembre/octobre 2014 écolephilosophie - par Pierre-Étienne Vandamme -

Le refrain est connu : les pouvoirs publics belges sont contraints par le fameux article 24 de la Constitution garantissant la liberté d’enseignement d’offrir des cours de religion ou de morale non confessionnelle jusqu’au terme de la scolarité obligatoire. Ces cours, cependant, sont critiqués de (presque) toutes parts en raison notamment de leur caractère non neutre (leurs enseignants sont soustraits à l’exigence de neutralité qui s’applique aux autres) ; du fait qu’ils séparent les élèves en fonction des convictions de leurs parents ; du caractère discriminatoire d’une situation dans laquelle certains élèves sont forcés de suivre un cours qui est en opposition à leurs convictions — soit parce qu’ils appartiennent à un groupe religieux non reconnu, soit parce qu’ils sont agnostiques ; sans compter l’obligation, contraire aux droits de l’homme, de révéler ses convictions religieuses. Quelle est dès lors la marge de manœuvre des autorités publiques pour remédier à ces problèmes, et quelle serait la voie la plus souhaitable à suivre ?

Contrairement à une idée trop répandue, les politiques n’ont pas les mains liées par cette clause constitutionnelle. Pour s’en convaincre, il suffisait d’entendre les avis passionnants que les deux constitutionnalistes Marc Uyttendaele et Hugues Dumont ont exprimés récemment [1] (ainsi qu’ils l’avaient fait auparavant, avec Christian Behrendt, lors d’une audition au Parlement). En substance, tous deux ont mis l’accent sur le fait que la situation actuelle pouvait être modifiée — et devait même l’être au vu de son caractère indésirable. S’il n’est pas...
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Pierre-Étienne Vandamme


Auteur

Aspirant FNRS ISP, chaire Hoover d’éthique économique et sociale (UCL).