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Complotiste, toi-même ! De quelques implicites minant le débat sur la mesure des phénomènes conspirationnistes

ABO Numéro 1 - 2018 - par Baptiste Campion -

Alerte : pas moins de huit Français sur dix seraient « complotistes » ! C’est, du moins, le message qu’ont relayé nombre de médias, début janvier, à la suite de la publication d’un sondage Ifop commandité par la Fondation Jean Jaurès et l’Observatoire du conspirationnisme Conspiracy Watch. Depuis, la France intellectuelle, en particulier celle qui se reconnait dans le terme de « gauche critique », se déchire dans les pages de débats et sur le web dans une de ces polémiques dont elle a le secret : le nombre de complotistes est-il sur- ou sous-évalué par le sondage et cette évaluation est-elle dangereuse ? Il n’est pas inutile de chercher à déconstruire les termes du débat pour comprendre pourquoi il ne règlera rien au problème.

Alerte : pas moins de huit Français sur dix seraient « complotistes » ! C’est, du moins, le message qu’ont relayé nombre de médias, début janvier, à la suite de la publication d’un sondage Ifop commandité par la Fondation Jean Jaurès et l’Observatoire du conspirationnisme Conspiracy Watch. Depuis, la France intellectuelle, en particulier celle qui se reconnait dans le terme de « gauche critique », se déchire dans les pages de débats et sur le web dans une de ces polémiques dont elle a le secret : le nombre de complotistes est-il sur- ou sous-évalué par le...
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Baptiste Campion


Auteur

Baptiste Campion est docteur en information et communication de l’Université catholique de Louvain. Il travaille maintenant comme professeur et chercheur à l’Institut des Hautes Études des Communications Sociales au sein du master en éducation aux médias. Ses travaux scientifiques ont principalement porté sur la communication éducative médiatisée, les effets cognitifs de la narration, les interactions en ligne et l’appropriation des technologies numériques, les transformations de l’expertise dans ce contexte particulier. À côté de ces travaux scientifiques, ces questions l’ont amené à réfléchir sur les conditions de la « démocratie numérique », de l’espace social dans une société hypermédiatisée ainsi que le rôle et la transformation des médias.