Belgique. Perdre sa vie à la gagner

Michel Capron

Les six semaines de grève des convoyeurs de fonds en janvier et février derniers constituent, vu la durée de ce conflit, une première dans l’histoire sociale de ce secteur. Non qu’il s’agisse de la première grève (le secteur a connu un conflit de quinze jours en mars 1996), mais à la fois parce que la durée inhabituelle du mouvement est significative du malaise du secteur à la suite de plusieurs agressions avec mort d’hommes, et parce que les autres acteurs concernés, particulièrement les clients importants (banques et grandes surfaces) y ont vu l’occasion de développer une stratégie susceptible de menacer, à terme, l’existence même des sociétés de transport de fonds. En définitive, comme on le verra, l’issue du conflit ne résout durablement ni les problèmes d’insécurité et d’emploi des travailleurs, ni les questions de rentabilité qu’ont à affronter leurs employeurs.