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Agir quand tout semble hors de portée. Développement personnel et monde en crise

ABO Numéro 1 - 2017 - par Nicolas Marquis -

Le succès de la mouvance du développement personnel serait, pour ses critiques, le signe d’une société individualiste. Pour ses partisans, elle est un formidable espoir de changement. Les premiers accusent les seconds de naïveté, qui leur renvoient leur caractère frileux voire conservateur. Chacun est à sa place, et le carrousel peut continuer à tourner. N’y a-t-il pas cependant moyen d’apprendre du succès du développement personnel sans le condamner à l’avance et sans pour autant en être un aficionado ? Quelle est cette société dans laquelle, face à un problème individuel, mais aussi désormais face à des questions majeures de société, il paraît sensé et efficace d’ouvrir un livre qui vous commande de travailler sur vous-mêmes ?

« Il n’y a aucune situation dans laquelle vous ne puissiez rien faire à ce qui (vous) arrive » : voilà résumée en une phrase la morale inscrite dans les centaines de nouvelles parutions qui, chaque année, viennent peupler les rayons de ce qu’on appelle le « développement personnel », un phénomène dont le succès n’est plus à prouver. En un sens, ceci suffirait à expliquer le succès de cet ensemble bigarré fait d’ouvrages, CD de méditation, MOOC de gestion de soi, livrets d’exercices ou de dessins : quoi de plus normal, lorsque l’on se trouve confronté à un problème,...
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Nicolas Marquis


Auteur

sociologue, chargé de cours en sociologie, méthodologie et méthodes quantitatives à l’université Saint-Louis Bruxelles, codirecteur du Casper, nicolas.marquis@usaintlouis.be