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Le Rendez-vous 1945

Numéro 08 – 2021 fictionItaliqueSuède - par Hjalmar Bergman -

Par un froid jour de mars, Stava Broms, veuve du conseiller au Commerce, s’était installée près de la fenêtre de sa chambre, une pièce ensoleillée, orientée au sud et donnant sur la Grand-Place. Sur la table devant elle s’étalaient les cartes d’un jeu de patience à côté d’un sermonnaire ouvert. Lisait-elle ? Réfléchissait-elle à son jeu ? S’était-elle assoupie dans la lumière du soleil ? Qui sait ? La veuve du conseiller avait atteint cet âge où le sommeil s’approche de vous sur la pointe des pieds, s’appuie en (...)

Par un froid jour de mars, Stava Broms, veuve du conseiller au Commerce, s’était installée près de la fenêtre de sa chambre, une pièce ensoleillée, orientée au sud et donnant sur la Grand-Place. Sur la table devant elle s’étalaient les cartes d’un jeu de patience à côté d’un sermonnaire ouvert. Lisait-elle ? Réfléchissait-elle à son jeu ? S’était-elle assoupie dans la lumière du soleil ? Qui sait ? La veuve du conseiller avait atteint cet âge où le sommeil s’approche de vous sur la pointe des pieds, s’appuie en silence sur votre accoudoir et vous ferme les yeux sans vous consulter. Aussi, lorsque Mademoiselle Anne-Charlotte Broms entra sans frapper dans la chambre, la vieille fut-elle quelque peu contrariée :

— Oh, Anne-Charlotte, pourquoi me déranges-tu ? J’étais justement en train de songer à ton avenir.

Anne-Charlotte fit la révérence et s’excusa. Un instant, la conseillère balança entre le sermonnaire et les cartes, avant de se décider pour ces dernières. Et tout en les battant, elle fit remarquer :

— Ce n’est vraiment pas facile de n’avoir plus au monde qu’une petite-fille écervelée. Ces derniers temps, les humeurs de ma chérie m’ont paru aussi capricieuses qu’un mois d’avril. Dieu sait pourtant qu’on n’en a pas encore fini avec ce triste mois de mars. Oh, comme il fait froid ! Exaltée, impertinente… Une vraie péronnelle : voilà ce qu’est devenue Anne-Charlotte ! Et là, que tripote-t-elle encore ?

Anne-Charlotte tira une bague de son doigt : c’était un anneau en argent orné de sept pierres bleues en forme d’étoiles. Elle la tendit à sa grand-mère, qui prit sa lorgnette pour mieux l’examiner.

— Allons donc, fit-elle. Eh oui, je l’ai reçue de feu mon mari à mes fiançailles. Anne-Charlotte n’en veut-elle donc plus ? Il est vrai que ce n’est qu’un bijou très simple, et plus du dernier cri…

Anne-Charlotte se pencha sur la table, toucha quelques cartes et répondit :

— Ma chère Grand-Mère sait fort bien que je tiens à ce bijou plus qu’à tout autre. Mais voilà : une autre personne l’a demandé…

— Oui, ce fut fait dans les convenances, coupa la conseillère. Ma chérie veut-elle bien laisser mes cartes en paix et daigner plutôt me dire le nom de cette personne…

— Ah, Grand-Mère ne se souviendra pas de lui, répondit Anne-Charlotte. Il est second sur le Hansa. Un vaillant homme, de l’avis de tout le monde, et qui aura bientôt son propre bateau, c’est sûr. À part ça, il s’appelle Wallmarck, Börje Wallmarck. Mais ma chère Grand-Mère ne peut pas se rappeler…

— Oh que si, fit la conseillère. Du moins s’il s’agit bien de ce jeune homme aux favoris châtains qui fit ici, l’hiver dernier, d’incessants va-et-vient. À cause de lui, j’ai dû retirer les tapis des couloirs pour éviter qu’ils ne s’usent jusqu’à la corde.

D’ailleurs, je te préviens, Anne-Charlotte : s’il est de retour en ville…

— Que Grand-Mère ne s’inquiète pas, dit Anne-Charlotte. Il s’en va demain, et probablement pour toujours.

Et tout en prononçant ces mots, elle s’effondra en sanglots sur la table. La conseillère, elle, continua à manier ses cartes avec dextérité. Au moment précis où elle mettait la dernière pièce à son jeu, Anne-Charlotte cessa de pleurer. La conseillère avait placé toutes ses cartes, mais aussi, sans mot dire, dressé la liste des questions opportunes. Anne-Charlotte avait pleuré toutes les larmes de son corps, mais s’était aussi, sans mot dire, préparée aux questions de sa grand-mère. L’interrogatoire pouvait commencer.

Donc, c’était le susnommé Wallmarck qui convoitait la bague. Et peut-être pas que la bague, d’ailleurs ? Peut-être aussi Anne-Charlotte elle-même ? Était-ce cela ?

Oui, c’était à peu près ça.

Anne-Charlotte lui aurait-elle dit qu’elle était l’unique consolation d’une pauvre grand-mère qui n’avait qu’elle sur Terre ? Qu’elle était si reconnaissante à cette grand-mère et qu’elle lui devait tant d’amour que jamais elle n’arriverait à s’acquitter de sa dette ? Qu’elle serait la pire des ingrates si elle l’abandonnait ?

Oui, c’est ce qu’elle avait dit.

Bien ! Et peut-être ce jeune homme convenable lui avait-il assuré que le grand amour n’avait de dette qu’envers l’être aimé ? Et dit qu’une vieille femme n’avait pas à se mettre en travers du bonheur de deux jeunes gens ? Allons ?

Non, il n’avait pas dit ça du tout…

Mais c’était ce qu’il pensait ? Et elle, Anne-Charlotte Broms, ne s’était-elle pas alors détournée avec dégout d’un être qui n’avait ni respect ni dévouement pour sa grand-mère ?

Oui, c’est vrai, elle s’était détournée de lui. Mais pas avec dégout…

Comment ça, pas avec dégout ?… Lui aurait-elle laissé quelque espérance ?

Il aurait été au désespoir…

Oh, quelle nigaude ! « Au désespoir ! » Et le désespoir de sa grand-mère, alors, il ne la touchait pas ?

Si si, il la touchait. Au plus profond d’elle-même. C’est justement pour cela qu’elle avait décidé de ne pas se rendre au rendez-vous…

Un rendez-vous ! Et où donc ? Et quand ?

Dans la gloriette. Ce soir.

Seigneur Dieu, créateur du ciel et de la terre ! Et la santé d’Anne-Charlotte ? Y avait-il songé une seconde ? Dans la gloriette, un soir de mars ? Et c’est là qu’elle serait tombée dans ses bras ?

Non non, elle ne serait pas tombée dans ses bras. Elle lui aurait tendu sa bague sans un mot, comme pour l’encourager à espérer…

Espérer la mort de Grand-Mère peut-être ?

De nouveaux pleurs d’Anne-Charlotte suspendirent l’interrogatoire. La grand-mère, elle, lut une page de son sermonnaire, tout en battant ses cartes pour une autre patience.

La page lue et les cartes battues, c’est Anne-Charlotte qui reprit la parole :

— Grand-mère, dit-elle, je n’irai pas à la gloriette. Il n’aura ni la bague ni ma personne. Dites-moi, un homme comme il faut voudrait-il me séparer de ma chère Grand-Mère, à qui je dois tout ? S’il me chérissait tant, comme il le prétend, il ne me tourmenterait pas ainsi.

— Tu vois, Anne-Charlotte !, répondit la Grand-Mère. Tes yeux s’ouvrent à présent. Ah, quel égoïste personnage ! Feu le conseiller Broms aurait eu honte de me plonger dans pareil dilemme. Pourtant, il n’était pas fou d’amour pour moi, je t’assure. Ce sont les parents qui avaient arrangé le mariage. Mais ce Wallmarck qui veut te pousser à oublier le quatrième commandement, il ne serait pour toi qu’une calamité. Je prends la bague et, ce soir, je t’enferme dans ta chambre, pour te garder de ta faiblesse. Quant à ce Monsieur Wallmarck, qu’il gèle tout seul dans la gloriette !

Ainsi en fut-il. Mademoiselle Anne-Charlotte resta enfermée dans sa chambre. Dans l’âtre brulait un feu. Elle prit un tisonnier, se mit à retourner les buches, les retourna encore, et encore, toute la soirée. Et quand il n’y eut plus que cendres et braises, elle jeta le tisonnier et se précipita sur la porte. Mais celle-ci était fermée, comme toutes les portes d’ailleurs. Excepté celle de la gloriette, qui battait au vent de mars, encore et encore. Aussi fort que le cœur d’Anne-Charlotte. Tout cela était la faute de Wallmarck, qui l’avait tourmentée. Elle finit par se jeter sur son lit, et ne se leva même pas quand sa chère grand-mère vint lui souhaiter une bonne nuit.

La nuit fut longue, et le jour suivant aussi. Puis s’égrenèrent de nombreuses nuits et de nombreux jours sans fin. Ah, Walmarck aura tôt fait de m’oublier, pensait Anne-Charlotte, mais moi, je ne l’oublierai jamais.

Et elle se disait :

Grand-mère est quand même bien vieille…

Mais ses pensées ne s’aventuraient pas plus loin.

Or, un jour d’avril, alors que le printemps semblait vouloir poindre, Grand-Mère dut garder le lit. Assise à ses côtés, Anne-Charlotte lui lisait à voix haute quelques pages du sermonnaire quand soudain, Grand-Mère se redressa et bouscula Anne-Charlotte qui laissa tomber le livre.

— Anne-Charlotte, je sens que ma fin est proche. Pardi, le docteur ne me trompera plus longtemps. C’est la fin, je le sens.

Oh, pensa Anne-Charlotte en ramassant le livre. Que n’est-ce la fin pour moi ! Hélas, je ne suis qu’au début. Désormais, je resterai à cette table, avec patience et sermonnaire. Et tous les jours commenceront et finiront de la même façon, année après année…

Et elle pensa :

Si Grand-Mère meurt maintenant, à quoi aura servi mon sacrifice ?

Mais ses pensées ne s’aventurèrent pas plus loin.

Le lendemain, Grand-Mère ajouta :

— Dieu soit loué, tu n’es pas allée à la gloriette ce soir-là, Anne-Charlotte ! C’est toi qui aurais attrapé cette phtisie.

Alors Anne-Charlotte ne put plus retenir ni ses pensées ni ses paroles.

— Mieux aurait valu cela pour moi, chère Grand-Mère, qu’une vie sans joie.

Mais la vieille ne l’entendait pas de cette oreille. Balivernes, fit-elle. Tout vaut mieux que la mort. Si j’avais pris ma fourrure au lieu de ta cape…

— Ma cape ? Et quand ça ?, demanda Anne-Charlotte.

— Ce soir-là, dans la gloriette. J’ai eu bien froid, tu peux me croire, dit la vieille. Je n’aurais jamais cru que cela prendrait tant de temps.

— Grand-mère se réjouissait certainement que je n’y aille pas. Wallmarck savait ce que cela signifiait : il n’avait plus aucune illusion à se faire…

— Plus aucune illusion, répéta la vieille. Mais je tiens à te dire, Anne-Charlotte, que Wallmarck m’a ébahie. Il a bien parlé, et avec cœur, je dois le reconnaitre… Mais si feu le conseiller Broms avait dit la moitié de ses folies, je n’aurais jamais pris le risque l’épouser.

— Ma chère Grand-Mère s’est-elle fâchée ?

— Pas tout de suite, Anne-Charlotte. Mais quand il a voulu me prendre dans ses bras, j’ai pensé que ça allait trop loin.

— Peut-être n’avait-il pas reconnu Grand-Mère ?

— Non, peut-être pas. Alors, je me suis glissée derrière le canapé.

— Et qu’a fait Wallmarck, Grand-Mère ?

— Il m’y a suivie, Anne-Charlotte. En une heure, il m’a parlé plus que feu le conseiller Broms en trois décennies. J’aurais pu mettre fin à ce boniment, mais comme il ne me reconnaissait pas, je ne voulais pas que ma voix me trahisse. Il m’appelait Anne-Charlotte…

— Et qu’a fait alors Grand-Mère ?

— J’étais transie de froid, mais je suis restée là malgré tout, car je voulais savoir comment l’histoire finirait. Je n’avais jamais eu de rendez-vous galant. Feu le conseiller Broms n’en avait pas le temps. Et, à mon avis, pas la force non plus. Mais, fichtre, si au moins il avait fait plus chaud… Des rendez-vous pareils, il ne m’en faudrait pas beaucoup. Pour finir, il est tombé à genoux.

— Wallmarck est tombé à genoux ?

— Oui, quand je me suis faufilée de l’autre côté du canapé, il a couru jusqu’à la porte et est tombé à genoux. Il refusait que je m’en aille, comprends-tu. S’il ne s’était pas effondré là, dans un rayon de lune, le malheur ne serait jamais arrivé.

— Quel malheur, Grand-Mère ?

— Mon refroidissement ! Il faut vraiment avoir le sang chaud pour se mettre ainsi en travers d’une porte en plein mois de mars. Je me suis approchée pour le tirer par les cheveux et le ramener à la raison. Alors, il a jeté ses bras autour de moi. Par bonheur, j’avais trois châles sous la cape : il ne pouvait pas sentir à quel point j’étais maigre…

— Et qu’a fait alors Grand-Mère ?

— Ma poupée, je lui ai tiré les cheveux. De toutes mes forces. Hélas, je devais avoir perdu la main. Il a pris ça pour des caresses, a prétendu être désormais sûr de mes sentiments. Et il m’a demandé la bague en gage de mon amour éternel. Mais pourquoi me pinces-tu le bras, Anne-Charlotte ?

— Grand-Mère !

— Grand-Mère !… Tu peux parler ! C’est facile de ronchonner quand on trainasse au lit dans sa chambre bien chauffée. Moi, j’étais si transie de froid que je sentais le gel pénétrer mes poumons. Qu’aurais-tu fait à ma place ? Mes forces ne sont pas bien grandes et ce jeune homme me tenait comme dans un étau. J’aurais pu lui dire que j’étais ta grand-mère, qu’il n’avait pas à me serrer si fort car j’étais venu le prier de s’en retourner à Hecklefjäll. Mais j’aurais eu honte. Je lui avais laissé me tenir trop de propos écervelés pour une dame de mon âge. Non, je n’avais plus qu’à jouer le jeu jusqu’au bout.

— Grand-Mère !

— Grand-Mère… Grand-Mère… Cesse de crier, ma poupée. Tu ne t’en serais pas mieux tirée. Une température de moins dix degrés, un courant d’air, et un gaillard qui ne voulait pas me lâcher… Je lui ai donné la bague. Voilà, c’est dit. Mais ne te désole pas. Tu peux lui écrire que tu étais sans défense et qu’il en a profité pour te contraindre. Ou tu peux simplement tout lui raconter et lui expliquer que c’est moi qui lui ai donné la bague. J’avoue que cela me gêne un peu, mais tant pis. Et tu ajouteras qu’il s’est comporté de façon grossière. Car, Anne-Charlotte… Il faut que tu saches quel genre d’homme c’est. Penses-tu qu’après il ait tenu sa promesse ? Penses-tu qu’il m’ait lâchée ? Non, ma poupée ! Au contraire, il m’a enlacée dix fois plus fort. Alors là, Anne-Charlotte, j’ai commencé à voir rouge, oui, vraiment. D’accord, je m’étais peut-être montrée un peu légère dans ce jeu, entrainée par ma curiosité. Mais se faire maltraiter à neuf heures du soir, dans une gloriette plongée dans l’obscurité et ouverte à tous vents, par un individu qui prétendait aimer mes joues fripées et mes yeux chassieux, c’en était trop. Je crois vraiment que j’étais prête à lui flanquer une gifle. Si, soudain, je n’avais ressenti quelque chose.

— Qu’avez-vous ressenti, Grand-Mère ?

— À vrai dire, je ne sais trop. Peut-être n’était-ce que la mort qui, à cet instant précis, se glissait dans ma poitrine. Pourtant, ce n’était pas déplaisant. C’était doux. Peut-être ai-je pensé à feu le conseiller Broms. Mais je ne crois pas. J’ai pleuré, imagines-tu ? J’avais oublié ce que c’était. Et je suis restée là, Anne-Charlotte, à pleurer et à tirer ses cheveux.

N’aie toutefois pas trop honte de moi, ma poupée : Dieu merci, cela ne dura guère. Ce sacré bonhomme releva la tête et me dit droit en face : « Anne-Charlotte, quand ta grand-mère sera morte, je reviendrai te chercher ».

Voilà ce qu’il m’a dit, au moment précis où je sentais le souffle de la mort. Je ne pouvais plus me dissimuler. Je lui ai répondu :

— Qu’il en soit ainsi, Wallmarck. La vieille ne survivra pas au printemps.

Mais penses-tu, Anne-Charlotte, que ces paroles ou cette voix rocailleuse l’aient surpris ? Tu ne l’imagineras jamais : il n’a entendu que ses propres serments, répétés en mille variations au milieu de ses étreintes. S’il n’avait pas eu l’idée de changer de position pour m’enlacer, je serais morte de froid dans ses bras. J’ai profité du moment où il se redressait pour me dégager et m’enfuir dans l’obscurité.

Et pendant toute la scène, ma chère Anne-Charlotte, aucun incident ne s’est produit. J’ai pu me faire une idée claire d’un rendez-vous amoureux, plus claire que n’aurait pu m’en procurer feu le conseiller Broms. Je n’irais pas jusqu’à dire que ce fut agréable, mais peut-être est-ce à cause de mon âge ou de la température.

Quant à toi, tu es libre d’exiger par écrit qu’il te rende la bague. Mais tu peux aussi attendre l’hiver, quand ta grand-mère sera morte. Alors ton amoureux sera de retour. Je te le garantis.

Bergman Hjalmar, « Mötet », Hvar 8 dag, Stockholm, 1915.

Traduit du suédois par Isabelle Piette


Biographie de l’auteur

Encore largement méconnue des lecteurs francophones, l’œuvre abondante de Hjalmar Bergman (1883-1931) compte des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et quelques romans, dont Les Markurell de Wadköping qui lui vaudra sa première reconnaissance. Contraint de vivre de sa plume dès 1915, Hjalmar Bergman multiplie les voyages et les expériences (de 1919 à 1923, il collabore avec le grand cinéaste V. Sjöström qu’il suivra un temps à Hollywood).

L’auteur suédois se laisse difficilement enfermer dans un courant littéraire : ses pièces de théâtre se rapprochent tantôt de Strindberg, tantôt de Musset, ses romans rappellent l’expressionnisme littéraire de l’époque ou la fresque balzacienne (les cinq romans qui forment le cycle des Comédies de Bergslagen, 1914-1916), tandis que ses contes et ses nouvelles sont plutôt teintés de néoromantisme.

Cet auteur qui échappe au cloisonnement cache sous un humour élégant un pessimisme profond (« Nous naissons êtres humains, et nous vieillissons monstres »), paradoxe révélateur d’une nature au psychisme fragile et réticent à toute stabilité.

Hjalmar Bergman est avant tout un conteur extraordinaire au talent original, capable de camper en quelques pages des personnages forts, mais non sans failles.

* * * * * *

Quelques titres traduits

Contes :
Les Enfants qui ne savaient pas jouer et autres contes , traduit du suédois par Elisabet Brouillard, Johanna Chatellard-Schapira, Anna Lisbeth Marek et Isabelle Piette sous la direction d’Elena Balzamo, Paris, Éditions Au Nord les étoiles et Bibliothèque Sainte-Geneviève, 2021.

Romans :
Les Markurell de Wadköping , traduit par Georges Ueberschlag et présenté par Elena Balzamo, Nantes, L’Élan, 1998.
Le Testament de Sa Grâce , traduit du suédois et présenté par Elena Balzamo, Nantes, L’Élan, 1998.
Le Clown Jac , traduit du suédois par Philippe Bouquet, postface d’Elena Balzamo, Nantes, L’Élan, 2004

Théâtre :
Une Saga , traduit du suédois par Carl Gustaf Bjurström et Roger Richard, présentation par Johannes Edfelt, Avant-Scène (Théâtre 199), juin 1959.

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Hjalmar Bergman


Auteur

Auteur suédois de plusieurs novuelles, contes, pièces de théâtre et quelques romans. Contraint de vivre de sa plume dès 1915, il multiplie les voyages et les expériences (de 1919 à 1923, il collabore avec le grand cinéaste V. Sjöström qu’il suivra un temps à Hollywood).
Cet auteur cache sous un humour élégant un pessimisme profond (« Nous naissons êtres humains, et nous vieillissons monstres »), paradoxe révélateur d’une nature au psychisme fragile et réticent à toute stabilité.