Waterloo 1815-2015, mémoire et bicentenaire

Éric Bousmar

Cinq millions d’euros, deux-cent-mille visiteurs en quelques jours, une dizaine d’années de mise en place et deux siècles de mémoire très contrastée : le bicentenaire sera la résultante d’une dynamique à la fois proche et lointaine. Certains éléments en sont bien oubliés, mais ils continuent de façonner les traces matérielles et immatérielles de la bataille. Paradoxalement, ce lieu, ce nom et cet évènement, si prégnants dans l’imaginaire collectif de plusieurs nations, ont peu été commémorés de façon jubilaire en Belgique : le cinquantenaire (1865), le centenaire (1915) et les cent-cinquante ans (1965) n’ont, pour des raisons diverses, pas été commémorés ou ont été boudés par la France. Par contre, les cent-septante-cinq ans (1990) sont au seuil d’une montée d’intérêt qui culmine avec le bicentenaire, véritable happening international. Parallèlement, on constate une désappropriation de la prise en charge de la commémoration au niveau national, au profit d’initiatives associatives et politiques locales.