Uri Avnery, mort d’un guerrier hébreu

Pascal Fenaux

Le 20 aout dernier, un guerrier hébreu de nonante-quatre ans rendait son dernier souffle dans une chambre de l’hôpital Ikhilov de Tel-Aviv. Oublié des jeunes générations israéliennes et occidentales, Uri Avnery fut, sept décennies durant, l’une des personnalités publiques les plus productives et controversées d’Israël. Sa vie fut longue et mouvementée, le destin le fit naitre allemand, de confession mosaïque, il fuira l’Allemagne nazie, militera en Palestine dans les rangs de la droite fasciste sioniste, participera activement à la guerre d’indépendance de l’État d’Israël, rénovera (pour le meilleur et pour le pire) les codes du journalisme israélien, embrassera une carrière politique chaotique, comptera parmi les pionniers du dialogue israélo-palestinien, fondera un mouvement pacifiste radical et terminera sa vie publique à l’extrême gauche du spectre politique juif israélien.