Turquie. Quand laïcité et démocratie ne font pas nécessairement bon ménage

Pierre Vanrie

Les grandes manifestations contre le parti du pouvoir AKP s’inscrivent dans une logique d’encerclement du pouvoir par l’appareil d’État, qui n’entend pas laisser la majorité gouvernementale, pourtant issue des urnes, investir un État dont la présidence de la République est un symbole fort. Face à une mobilité sociale qu’elle peine à maitriser, l’élite « aristocratique », qui contrôle cet État, met en action des mécanismes faisant appel à des schémas idéologiques simplistes opposant les « laïques » aux « réactionnaires religieux », pour maintenir son monopole du pouvoir.